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 Nocturnal psychological disorientation

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♦ Crimson Rose
Marchioness Lockhart ♦
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Messages : 95
Date d'inscription : 11/08/2010
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MessageSujet: Nocturnal psychological disorientation   Lun 30 Mai - 2:15

C’était devenu un automatisme. Trancher. Ignorer les cris ou s’en délecter. Quand on pouvait s’en délecter. Observer les plaies s’ouvrir. Le regard paniqué, le regard de détresse, le regard qui s’éteint. Rester froide à la sensation du sang brulant qui éclabousse. Abandonner la victime sans vie, sans visage. S’en aller, comme si de rien était. Tout cela était devenu si fade, si habituel. Etais-je devenue comme une machine à tuer ?
Je m’étalais de tout mon long, sur le dos et soufflais, longuement.

Pourquoi ? … Pourquoi faisais-je tout ça ?
Au final… Où est l’intérêt de tout ce que j’ai fais ? C’est toujours la même chose, chaque meurtre me procure une adrénaline sans fin et une soif de sang monstrueuse, tout cela dans l’espérance de me sentir apaisée. Mais au final, je restais vide.
J’étais lasse de tout ça, surement écœurée par tout ce que j’avais fais, finalement sans aucune raison, à part une envie maladroite de justice. On ne peut pas effacer le passé, il nous suit, il nous suit et nous tourmente jusqu’à notre mort. Aucune repentance ne nous est permise en vérité. Nous sommes esclaves de nos erreurs, esclaves de nos péchés.
Je me sens… Non, plutôt, je ne ressens rien. Et si j’étais une enveloppe vide ? Un fantôme vivant ? Et si quelque part, j’étais déjà morte ? Ce n’est pas vivre que d’aspirer à haïr ce que l’on était, haïr ce que l’on nous a fait, haïr l’être humain.
Toute cette vie que j’ai gâché, tout ce que j’ai fais jusqu’alors n’était que comparable à de la poussière prise dans le vent. Prendre de misérables vies humaines, en l’honneur d’une cause qui ne m’anime même plus. Je me suis perdue dans mon propre jeu. A chacune de mes victimes, j’ai surement dévoré en moi le peu d’intérêt pour la vie que j’avais.
A quoi bon exister, alors qu’on ne sent même plus sa propre âme ?

Allongée dans l’herbe rougie de Regent’s Park, j’étendais mon bras vers les étoiles moqueuses qui semblaient former un rictus malsain dans le ciel. Rictus qui se téléporta immédiatement sur mes lèvres. Je serrais le poing, comme pour me saisir de la lune, mais l’astre ne se décrocha pas d’un pouce. Seules deux gouttelettes de sang perlèrent sur mon visage. Je m’étirais comme un chat, serrais les dents en sentant les profondes griffures sur mes bras. Un cadavre me fixait, à côté de moi, débris d’une énième nuit folle. Enfin, il aurait pu me fixer s’il avait encore un semblant de visage.
Je ne ressentais même plus la délicieuse satisfaction d’avoir réduit un être en charpie. J’avais envie d’hurler, de réclamer qu’on me rende un souffle de vie. Je me relevais, tremblante, à cause du froid nocturne du printemps, mais aussi par la rage. Une rage presque injustifiée, mais viscérale. Je marchais sur le corps sans même m’en rendre compte, courbée comme une vieille, mes lèvres frémissant, mes sourcils se fronçant. Et si j’attendais que l’on découvre le cadavre ? Me laissant ainsi découvrir, accuser, vilipendée, torturée, accueillie en tant qu’ignoble criminelle, condamnée sans pitié à la potence ? D’ailleurs, quelle sensation a-t-on lorsque l’on se sait proche d’une mort sans échappatoire ? Qu'est ce qu'on mes si nombreuses victimes avant de succomber ? … J’aimerais tant connaître ce sentiment, qui me donnerait une ultime impression de vivre. Unique, dernière mais vraie. Je riais à cette idée, démente, brillante et stupide à la fois.
J’avais envie de rire, de pleurer, de danser et de hurler en même temps, et tout cela sans aucune conviction, à part celle de vouloir aveuglément sentir un faible frisson dans mon dos, mon rythme cardiaque s’accélérer une fraction de seconde, un muscle sursauter. Juste me donner l’impression d’être vivante.
Qui sait, j’étais peut-être déjà morte, n'oublions pas ce détail.

Je retournais le cadavre avec mon pied, tapotait dans une jambe, frappait dans le crâne. Je soupirais et décidais de sortir de ce maudit parc, sentant petit à petit des gouttes froides tomber sur mon dos. Ah. Il pleut. Rien d’étonnant à Londres cela dit. J’arrivais déjà près de Robert Street que l’eau avait déjà lavé le sang sur mon visage, l’averse s’épaississant seconde après seconde. Un coup de tonnerre ? Peu importe. Penchée comme une centenaire, je marchais, fixant le sol. Parfois, je m’arrêtais, sans grande raison, puis reprenais la route comme si de rien était. J’avais surement l’air d’une demeurée, mais personne n’était là pour en témoigner, c’était donc sans importance. Voilà une des grandes raisons pour lesquelles j’aimais la nuit. En plus d’être le moment le plus propice au meurtre, c’était aussi qui était le plus calme de la journée. Pas comme cet agressif matin, qui vous crève les yeux à peine les paupières ouvertes.
Autant en profiter un peu, tant qu’à faire. Je m’asseyais sur un banc, comme une grand-mère pouvait le faire en plein jour pour nourrir ces rats volants de pigeons, et fixait sainte mère la Lune dans les yeux. Enfin dans l’œil. Bref c’était la pleine lune, ou presque, et cela m’inspirait un œil. Un œil tout blanc, tourné à l’envers dans son orbite. L’intérêt ? Inexistant, nul. Une simple réflexion, brève, futile, même pas philosophique. A oublier immédiatement. Déjà oubliée au final.
Je m’affalais, tête rejetée en arrière, cheveux effleurant le sol et fermant les yeux. Nouveau coup de tonnerre et je me levais soudainement, comme si l’ennui m’avait mordu le postérieur. Je reprenais donc ma route jusqu’à mon manoir, évitant soigneusement les rues encore éclairées. La pluie ne s’était toujours pas décidée à s’arrêter. Allons, le ciel, sèche donc tes larmes. Pleurer est pour les faibles, pourquoi perdrais tu ton temps à larmoyer ? Tu le fais à ma place ?
J’esquissais un sourire sarcastique. Ce n’était pas bon de laisser divaguer mes pensées, elles vrillaient toujours en non-sens, aux envolées lyriques plates et sans intérêt. Peut-être était-ce l’envie de sommeil. Peut-être.
Alors que je pressais le pas, une collision me fit sursauter. Ce n’était pas un mur, ni un poteau ou un lampadaire, mais un humain. Enfin ce qui ressemblait à un humain. Surement aussi peu fréquentable que moi en vue de l’heure indécente. Je jaugeais la silhouette du regard en haussant un sourcil, m’abstenant de tout commentaire et attendant patiemment la réaction de l’individu. Qui sait, peut-être qu’il serait amusant à tourmenter ou analyser… Voir les deux en même temps, qui sait.
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MessageSujet: Re: Nocturnal psychological disorientation   Jeu 16 Juin - 22:12


Lire, écrire, dormir, manger...J'aurais été un grand sportif j'aurais même pu rajouter une activité de plus, voire faire l'inverse & aller me torcher la gueule au premier bar venu...Sportif de comptoir n'est ce pas, mais non. Moi ma passion, c'était d'observer les gens. Observer, détailler, imaginer &...attaquer dans le vif du sujet. Bien évidement, pas dans n'importe quel sujet : L'intimité, le désir, le plaisir...les hobbies, ce qui fait naitre en chacun un brin de jouissance & de passion extrême. Bref, quelque chose qui pourrait me tirer un sourire en cette journée maussade. Ciel gris, gens grisâtre. Aucune passion, uniquement des gens pressés d'aller travailler ou de faire leur course. Londres, capitale de la bourgeoisie. Non mais sérieusement, qu'est ce que mon corps d'emprunt était venu faire ici déjà ? Je l'ignorais moi même, quand bien même il voulait prendre des vacances, je trouvais cela complétement stupide d'en avoir prit dans cette ville si morne. Il fallait être tordu, ravagé du cerveau pour espérer passer des vacances agréable entouré de rats morts. Les anglais...J'apprenais à mes dépends, & grâce au passé de mon corps, que les Italiens & les Espagnols étaient dix fois plus hot que le reste de la surface de la planète. Alors pourquoi ici ?

Je préférais taire ce sujet & l'enfouir une bonne fois pour toute au fond du jardin pour me concentrer sur mes pas, les mains fourrés dans les poches de mon long blouson noir en drap de laine. Les gens allaient & venaient devant moi, tandis que mes pas me guidaient ça & là, sans but précis. Je cherchais un domestique, je n'en avais pas encore trouvé, mais je n'étais pas non plus à arpenter les rues pour ça aujourd'hui. Aucune envie de rester au manoir, aucune envie de jouer. Mon cerveau s'embrumait dans ce monde vaste, fouillant dans mes souvenirs, dans ceux de mon nouveau corps, devenant nostalgique. Chose rare notons-le, ce n'était pas du tout dans mes cordes d'être de la sorte. Peut-être était-ce le temps & le peu d'intérêt que je portais à autrui en ce jour. La nuit tomba alors assez vite, & mon estomac se mit à crier famine à peine les coups de dix heures résonnaient dans tout Londres. M'arrêtant dans un restaurant dont je ne saisis pas vraiment le nom, j'en sortie une bonne heure plus tard pour me diriger vers North End. Quartier de divertissement, peut-être allais-je y trouver mon bonheur ?

Musées, théâtres...Ouvert jusque pas d'heure, ou du moins jusque des heures convenables, les gens qui y trainaient ce soir n'étaient que parents accompagnés de leurs marmots. Non mais ils allaient tous me faire déprimer ici ! Où étaient les sourires, la joie de vivre, les promeneurs, les fêtards ? Peut-être aurais-je du chercher le coin des prostitués, que je m'y serais plus amusé qu'à présent. M'asseyant en haut d'une demeure, je dominais ainsi une bonne partie des lieux. Qu'espérais-je vraiment au fond ? Trouver une compagnie, un amuse gueule, un divertissement. Il fallait vraiment que je me trouve un ou une domestique, j'aurais au moins le plaisir malsain de pouvoir m'occuper lorsqu'une autre journée tel qu'elle pointera le bout de son nez. Oh & puis pour couronner le tout, voilà la pluie qui s'invita sans même demander mon avis. Les gens se mirent alors à courir & à retrouver leur foyer. Les lumières s'éteignirent & la lune nous quitta à son tour, laissant place à de vilains nuages sombres qui rendaient le paysage désolant.

Mais désolant jusque où ? Non pas que je m'intéressais réellement à ce qu'il se passait devant mes yeux, mais il y avait là quelqu'un...ou quelque chose -je m'attendais aussi à tout ici- qui réussissait enfin à éveillé la curiosité en moi en cette journée...Dos courbée, cheveux long & pourtant visage de poupée, quelque chose clochait dans le décor. Trempée jusqu'aux os, tout autant que moi, je vis cette personne s'asseoir sur ce fichu banc, avant de s'étaler au sol. Penchant la tête sur le coté, mes iris fixèrent cette étrange chose jusqu'à ce que la pluie deviennent trop violente pour que je ne puisse vraiment m'en faire un film. Descendant de mon toit, remontant le col de mon manteau fièrement, c'est bien devant cette personne que je me posais, cette femme au allure vieillarde me rentrant dedans sans aucune excuse. Mais je n'en espérais pas. Souriant doucement, mes yeux purent enfin plonger dans ceux de cette délicieuse créature afin de comprendre un peu plus sa venue sous cette pluie battante. Triste non, mais déçue aurais-je presque dis. Vide pas tout à fait, car il y avait toujours cette émotion indéfinissable qui faisait de l'être humain quelqu'un de vivant & de torturé.

"Bonsoir très chère. Il fait là un temps plutôt morose pour trainer dans les rues, surtout à cette heure. Puis-je vous aider ?"

J'avais tout en même temps pris sa main pour y déposer un baiser, laissant la pluie caresser violemment sa peau & la mienne par la même occasion, le tout fait & prononcé de mon accent Italien. Accent qui s'estompait chaque jours passant. Rouler les "r" c'était pas trop mon truc en fait, je trouvais cela même limite déplacé quoi qu'un brin exotique. Je me contre disais surtout, mais bon, je n'avais pas choisis ce corps de rêve pour rien & je n'allais pas me mettre à le regretter. Trouver un autre corps me demanderait bien trop de sacrifice. Bref. Sans attendre de réponse réelle de sa part, c'est un bras le long de mon corps & l'autre vers la direction que je comptais prendre, que je l'invitais à me suivre. Bien à elle à présent d'en suivre la démarche ou non. Dans tout les cas, j'aurais essayé, elle devait être tout aussi étrange que moi pour trainer sous la pluie à cette heure ci...

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MessageSujet: Re: Nocturnal psychological disorientation   Dim 19 Juin - 2:24

Vert. C’était le premier mot qui m’était venu à m’esprit en observant l’homme dans lequel j’avais brutalement foncé. Pourtant il y’avait bien d’autres détails à observer, mais ils étaient beaucoup moins percutants. Plutôt jeune, grand, des yeux d’un jaune reptilien et cette fameuse tignasse verte qui lui dégoulinait sur le visage. Hurluberlu, origines douteuse ou fan enragé de Baudelaire* ? J’aurais presque pu le trouver séduisant s’il ne ressemblait pas autant à un coureur de jupons. En tout cas, il était aussi trempé que moi. Peut-être un vagabond, bien qu’il soit habillé presque richement. Il ne pouvait pas non plus être un tueur. Bien trop propre. Peut-être un ivrogne sur la route du retour ? Tout cela était sans importance. Mes questions s’arrêtèrent là et je m’apprêtais à reprendre ma route. Mais l’inconnu, fier comme un coq et avec un sourire qui se voulant remplacer le soleil, m’interpella avec un accent méditerranéen avant que je ne puisse esquisser un pas :

-Bonsoir très chère. Il fait là un temps plutôt morose pour trainer dans les rues, surtout à cette heure. Puis-je vous aider ?

J’haussais les deux sourcils, ma lèvre supérieure s’étirant légèrement dans un tic nerveux. Un frisson de dégoût parcouru ma colonne vertébrale quand il m’embrassa la main. Main que je lui ôtais immédiatement des lèvres. Non pas que l’individu était physiquement repoussant, mais ce comportement… Je le connaissais par cœur, le redoutait, le méprisait. C’était un cliché de libertin mielleux, un cliché qui m’écœurait. Les séducteurs invétérés, dont les charmes subtils étaient la pire arme, me faisaient bouillir le sang. Dans le mauvais sens du terme bien entendu. Je tentais de me contenir, j’avais déjà tué ce soir et je ne connaissais pas de détails me faisant passer à l’acte chez cet homme. Il n’était vraiment pas dans mes habitudes d’assassiner quelqu’un juste parce que la première impression m’inspirait l’horreur. Je valais tout de même mieux que ça, j’avais des principes après tout. Enfin si on pouvait appeler ça principe.
Elégamment, il avait étendu le bras, montrant une direction qu’il m’invitait probablement à prendre. Je sentais ses yeux peser sur moi, l’insistance, beaucoup plus aussi, mais rien de ce que j‘avais l’habitude de subir de la part d‘individus tels que lui. Ce type était bizarre.
Je le fixais un moment la tête basse, muette, avec un regard de feu de glace. Et reculais d’un pas. Je levais le menton pour le regarder d’un air hautain. Ma frange détrempée, devenue un peu trop longue, laissait couler l’eau sur mon visage qui emportait au passage le noir sur mes yeux écarlates. Le résultat devait probablement être fantomatique. Cette simple attitude aurait pu lui insinuer un non clair à sa demande sans mots de le suivre, mais je n’allais pas me priver du plaisir d’un petit discours sec et moralisateur.

-Les séducteurs font du charme à n’importe quoi. Même une chèvre. Vos regards ne me flattent pas pour un sou, bien au contraire. Je ne sais pas ce que vous me voulez. Je n’ai pas envie de savoir d’ailleurs. Cessez donc de sourire comme un idiot, vous allez vous froisser un muscle.

J’avançais d’un pas ferme, le bousculant un peu afin de passer et prit la fameuse direction qu‘il montrait de manière si grandiloquente.
Je repensais à sa question étrange. « Puis-je vous aider ? » Il avait tout l’air d’un immigré, et me proposait galamment son aide ? C’était à la fois douteux et intrigant. Suffisamment pour me faire ralentir et jeter un œil sur l’oiseau de nuit vert. Comme un regret de ne pas en savoir plus.
Je penchais la tête sur le côté et plissais les yeux.
Qu’est-ce qu’il était au juste ?

*[Note HR : Baudelaire s’était teinté les cheveux en vert après avoir été renvoyé du lycée]

[HR²: Gnéé c'est court en plus d'être nul, désolée T^T]
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