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 Le chirurgien des songes.

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MessageSujet: Le chirurgien des songes.   Mar 8 Mar - 20:36

Londres 1888.
Résidences de West End et autour.

Le froid était saisissant, dehors. Mais je me décida tout de même à sortir prendre l’air. J’avais de la chance, le ciel était dégagé, il y avait même un soupçons de soleil.
Où allez?
Je fit quelques tours entres les bâtiments, avec lassitude, n’arrivant pas à enfin prendre goût à cette ballade. Alors je m’assit sur un banc, comme je le faisais souvent à cette heure-ci de la journée. Rien ne se passe… Tout me semble vide et délavé. Pâle et sans saveur… Ces gens aussi, ceux qui passent, le sont. Sans vie apparente. Sans aucun intérêts…

You’re so absolutely comon…

Je décide alors des sortir mon carnet de feuilles blanches et un crayon de graphite de ma besace en cuir. Je commence à dessiner un visage… Son visage. C’est sans grand succès.
Je ne m’en souviendrais plus… ? Cela fait bientôt… Un an. Un an que j’ai quitté la France. Un an que je suis devenu le futur plus grand monstre de l’histoire… Je le sais et mais j’ignore encore pourquoi.
Ma vie entière n’est qu’une grande contradiction.
Quel pourrais être ma mission? Éradiquer toutes les personnes mauvaises?
Non, les gens mauvais ont leur parts de bon et sont parfois bien plus intéressants que les autres…
Et tuer toutes les personnes que je n’affectionne pas ou qui me dérange n’aurait aucun sens morale.
Je veux… Aider ceux qui ne croient plus en leur rêves. Et leur en donner de nouveau…

Oui …
Je serais le Soigneur de vie, le Docteur d’ambitions, le Chirurgien des songes…
C’est moi qui blanchirait ou noircirait désormais votre âme comme bon m’en semble, vous deviendrez comme moi car je ferais de vous la même chose qu’à moi, et ensemble … Nous serons les meilleurs Monstres de tout les temps…
Grâce à ce nouveau Don, je peux manipuler n’importe qui. Je choisirais le plus beau Orphelin errant de la ville. Et j’en ferais la plus belle des fleurs du Mal… Oh… J’en ferais mon Héritier.


Je me leva alors. Le ciel s’était couvert.
Je continuais alors ma marche, longeant les maisons plus ou moins bourgeoises de West End, sans interrompre mes pensées.
Je me mis à imaginez la parfaite héritière. Oui. Je voulais UNE héritière. Qui serais Humble et fière à la fois. Qui serait plus belle encore que je ne suis laid, elle aurait la grâce de la déesse de l’amour et la force des félins des Andes.
Elle sera la fille et le frère que je n’aurais jamais pût avoir…

Je vaquais toujours dans les allées, observant tout les passants. Pas d’orphelins ici.
De toute manière j’avais mon temps. Je ne sais même pas si je suis encore mortel, ni si je vieilli encore…


Alors que je sortais d’une petite boutique d’où je venais de faire quelques emplettes, quelques choses me tira de mes réflexions. Un souffle chaud à moins de quinze mètres de moi. Une odeur… Celle d’une présence féminine, mais pas seulement… Serait-ce l’odeur d’une âme non-humaine?
Je fis volte-face. Une silhouette, d’un mètre cinquante-cinq, tout au plus. De longs cheveux bruns, des yeux pleins de vie, des narines frémissantes.
Elle semblait regarder mes croissants avec envie…
Je lui souris avec politesse.

« - Tu en veux un?  »


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MessageSujet: a crazy girl...   Jeu 10 Mar - 17:49

Après-midi dans cette belle ville qu’est Londres. Je folâtrais doucement.
Mais qu'est-ce que je fais dans le quartier bourgeois, le West End ? J’ai faim !!!!
Je réfléchis un instant.
« Ha oui, je vends ma cause... Pourquoi faut-il toujours que j’arrive la dernière quand il y a un riche desespéré ? Parce que je me terre dans l’ East End tiens ! Et aujourd’hui que j’accorde ma présence à ce quartier plein d’hypocrisie, je parie qu’il n’y aura aucun suicidaire, pas le moindre malheureux ! Pourquoi ma si longue vie est aussi cruelle que celle des humains ? Je m’ennuie, moi !» pestai-je tout bas. Mais seul le bruit continuel de sabots équins sur le pavé londonien me répondit. Je soupirai. Je me pris alors à imaginer ma possible famille : j’avais bien un géniteur et une génitrice, non ? Etaient-ils tous deux des démons ? Je soupirai de nouveau. Je n’étais même pas capable de savoir ce qu’il avait fallu pour créer une créature comme moi !
Ai-je un jour été humaine ?
J’imaginais un père un père un peu fou et globe-trotter, draguant à chaque comptoirs de commerce, et laissant dans toutes les colonies un souvenir impérissable à de jeunes filles autrefois vierges et effarouchées...
Un jour, un simple ‘‘accident’’, vite résolu et oublié dans une bourgade obscure au nom tout autant. Une jeunesse dans les ruelles, éduquée par la dure loi de la rue. Un jour, le crime de trop, un délit qui dégénère, un accident de parcours, trop grave pour être oublié Là-haut... Et le jour du Jugement, direction la case "Réincarnation en bête infernale" au lieu de la case "petit coin au Paradis". Pouf ! Retour dans les bas-fonds humains... On m'épargne le récit de mon cheminement et seul un collègue a l'idée de me glisser un mot avant le Plongeon, histoire de connaître le topo... Ca pourrait résumer mon existence...
Ou alors, simplement deux démons qui s'accouplent et, tels certains frères animaux, délaissent à eux-même leur progéniture une fois l'éducation achevée... Un message qui résume le tout en guise de diplôme. Système bien huilé; mieux que les rats ! Tout va bien, jusqu'au jour où, le bête incident grave, une poutre qui tombe, un toit trop glissant, un choc émotionnel : amnésie totale, la machine à tout faire a perdu son mode d'emploi... La voilà vide comme une coquille, un papier administratif pour tout souvenir... Ceci expliquerait également bien ma vie...
Peut-être aucun des deux... Juste des parents aimants, mais morts sous la griffe d'un démon... L'assasin m'enlève comme un cambrioleur prendrait un vase cher et m'éduque à sa manière; il ne pouvait accéder au bonheur d'avoir une descendance. Un beau jour, pour une raison X ou Y, il me libère de son emprise paternelle en brisant le lien principal qui nous unit: ma mémoire; mais trop accablé de couper ainsi le cordon, il ne peut s'empêcher de m'écrire un dernier discours, sous couvert d'une lettre d'explications... Plus lyrique.... Pourquoi pas ?

Mon orgueil se gonfla à l'idée d'un passé si épique.
Ou pourquoi pas une femme ? Enfin, un démon femelle, si je suis le raisonnement... Dit-on "femme" pour un démon de sexe féminin ? "Femelle", je trouvais ça un peu péjoratif...
Mais d'abord, les diables ont-ils un sexe ? Je ressemble bien à une fille, j'ai tout ce qu'il faut comme une humaine, mais puis-je tomber enceinte ?
Je cogitai ainsi, retournant toujours sur les mêmes sujets au final: "Qui sont mes parents ?", "pourquoi j'ai perdu la mémoire ?" et "Comment les démons viennent-ils au monde ?"
Une odeur particulière envahit brusquement mes narines. Ma profonde réflexion existencielle s'était envolé, tel un caramel Funtom sous le nez d'un gamin. Je tournai la tête comme une chouette et fis un grand sourire:
Des croissants ! Et un mâle ! Lequel vais-je goûter en premier ? Ho, cette croûte dorée...
Je l’imaginais déjà croustiller sous la pression de mes incisives.
« Tu en veux un ? »
Naturellement, je rougis. Mais qu’est-ce qu’il avait à m’adresser la parole celui-là ? Avec ses cheveux roses... Son air chétif... Je le fixai,immobile. Il semblait préoccupé. Malgré cela, je n’étais pas dénué d’intêret pour lui. Pourquoi une telle affirmation ? Tout d’abord, il ne bougeait pas, alors que je lui avais pas répondu ; un noble quelconque comme on en trouve à loisir dans le coin serait déjà parti d’un pas pressé devant ma robe usée et les yeux avides que j’avais dû faire en voyant les viennoiseries. Ensuite, la façon dont il me regardait, avec son oeil unique ; comme si j’étais un nuage de brume devant un mystérieux panneau. Serais-je donc un mystère vivant ?
Je ne suis qu’une...
Je crois que je pâlis.
Et s’il savait ? S’il savait que je ne suis pas qu’une simple humaine qui flâne au gré des rues ?
Ca y est, le désordre avait envahi mes pensées et je ne pensais plus qu’à une chose : S’il savait ?
Imperturbable et imperméable à cette terreur subite, mon inconnu tourna les talons, finalement lassé d’attendre.
*D’attendre ?’’ Mais d’attendre quoi déjà ? Il m’a demandé quelque cho... ? *
« OUI ! »
Mon inconnu se retourna et me dévisagea. Puis il rebroussa chemin et me tendit un succulent croissant tout chaud. Pour dissiper rapidement mon stress, je mordis avidement dans la viennoiserie. Quelle merveille ! Bien sûr, je n’ai pas besoin de nourriture aussi ‘’terrestre’’, je suis un démon : seules les âmes humaines sont neccessaires à ma subsistance. Pourtant, quel bonheur que ce croissant ! J’avais englouti la viennoiserie en un rien de temps sous les yeux de son ex-propriétaire.
Je bénissais maintenant le jeune homme qui me terrifiait il n’y a pas cinq minutes. Une vague de plaisir sans bornes traversa mon corps. J'eus envie de sauter au cou de mon bienfaiteur. Comme je n’étais ni une noble pleine de principes, ni une jeune fille élevée dans un couvent austère, c’est ce que je fis. Je laissai éclater ma joie, étranglant à moitié l’homme aux cheveux tirant sur le rose et arrachant son cache-oeil au passage. Il tituba sous cette attaque inopinée.


Dernière édition par Sally Nechrow le Dim 20 Mar - 14:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le chirurgien des songes.   Ven 11 Mar - 21:00

Elle mit un petit instant avant de réagir, puis sembla être un court moment effrayé par ma proposition. Un peu honteux d’avoir fait peur à la pauvre jeune fille, je décidais de reprendre ma marche. De rentrer chez moi, peut-être, puisque je n’avais plus rien à faire ici.

Il fallait que je m'y fasse, l'on aborde pas les jeunes filles en ayant les cheveux rose et une allure marginale dans ce monde... Ce que je regrettais la France, parfois!

« - OUI! »

Ah? Peut-être avait-elle senti ma déception de ne pas avoir eu de réponses. Je lui tendit alors le croissant. Elle s'en saisis et le termina en quelques bouchées. Puis, la bouche encore pleine, elle m’adressa un grand sourire plein de reconnaissance, me sauta littéralement dessus et se pendit à mon cou avec une telle brutalité qu’elle arracha malencontreusement mon Eye-patch… Une part de ma monstruosité révélée au grand jour... Mais elle était si jolie, je ne voulait pas plus l'effrayer...

"- Ne... Ne me regarde pas..! " explosais-je en la déposant doucement par terre, comme l'aurais fait un ogre pour une vénus de porcelaine.

Elle ne devais pas me voir... Pas sous cette facette de moi...
Mes mains tremblait, j'avais chaud, j'avais froid… Je manquais de faire tomber mes sacs, et je cachais mon œil livide de mon autre main.

Elle ne devais pas me voir... Pas sous cette facette de moi...
Mes mains tremblait, j'avais chaud, j'avais froid. Je manquais de faire tomber mes sacs, et je cachais mon oeil livide de mon autre main.

Mon bandeau, mon bandeau...
Elle l'avait encore dans les mains, l'air plus perdu et embêté que jamais.
Je ne pouvais pas tendre une main pour le lui demander…
Bon… Tant pis
En cachant tant bien que mal l’horreur de ma frange rose, je tendit, tremblant et honteux, mon bras vers l’adolescente.

"- Tu... Tu peux me le rendre... Silteplait..."
Je lui adressais un sourire extrêmement gêné. Bien que la belle ne semblait pas appartenir au milieu bourgeois, elle ne devais pas être habituée à côtoyer des monstres...

J'hésitais à lui demander si elle était orpheline. Mais ce genre de chose ne se demandait pas, pas à une "inconnue"... Imaginons qu'elle vienne tout juste de perdre sa famille... Elle m'en voudrais énormément. Sachant moi-même ce que cela fait d'être arraché des personnes que l'on aimes...

Zero avait-il pleuré ma mort? Qu'avait-il dit à son entourage..? Et... Croyait-t'il aux anges ?

Je devais faire plus amplement connaissance avec cette fille... Je voulais tout savoir d'elle, je voulais qu'elle ai parfaitement confiance en l'être ignoble que j'étais, je voulais... Qu'une personne ici-bas me comprenne, et n'ai plus peur du monstre que j'étais...je voulais ne plus jamais être seul... car j'avais si froid...

Il commença a pleuvoir. Bientôt, les rigoles d'eaux parcoureraient les rues, faisant pleurer le sol à chaudes larmes.

" - Silteplait..." Répétai-je.
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MessageSujet: sombre passé...   Sam 12 Mar - 23:08

«Ne... Ne me regardes pas..!» hurla l'inconnu comme si je venais de lui arracher un bras. Il me déposa délicatement par terre, comme s'il avait peur de me briser. S'il savait tout ce que j'avais enduré pour survivre parmis les siens.... Il ne prendrait pas autant de précautions avec moi !
D'habitude, les hommes ne font pas tant de manières avec mon corps...
Néanmoins, cette précaution sympathique me fit rougir un peu; je me cachais dans mes manches pour qu'il ne vît pas cette faiblesse flagrante, mais ce fut inutile: ses mains tremblaient, il était livide comme un cadavre et cachait désespérement son oeil droit de la main, pareil à un avare qui aurait voulu camoufler sous sa cape une caissette devant une bande de voleurs. Cela me mit très mal à l'aise...
Mais que cache donc ce cache-oeil ? Je sais que le spectacle d'un oeil mort est peu plaisant, mais pourquoi un tel acharnement à me soustraire sa vue ?
Qu'avais-je encore trouvé là ? Le souvenir de cette jeune femme qui parait la moitié de son visage d'un voile noir pour camoufler les blessures que lui laissait l'amour de son mari me revint en mémoire. J'aurai pu lui demander, mais cela l'aurait mis encore plus mal à l'aise, ce que je ne voulais en aucun cas; une personne aussi gentille avec moi, je ne risquais pas d'en retrouver avant longtemps ! Enfin, un homme aussi sympathique et sans arrières-pensées tordues... Lui n'en avait pas, puisqu'il ne m'avait pas reluqué de la tête au pied avec un arrêt gourmand à la taille et aux hanches, comme tous les autres hommes "gentils" avec moi...
Plaquant sa frange rose contre l'orbite droite, il entreprit de tendre maladroitement son bras pour récupérer son précieux cache-oeil, que j'avais toujours, lové au creux de ma paume.
«Tu... Tu peux me le rendre... S'il te plaît...» gémit-il, en s'essayant à sourire maladroitement. Inconsciemment, je pris peur de ce bras masculin tendu vers moi, souvenirs douloureux, et reculai la main. Consciente de ce geste abominable et déplacé, sans doute, à ses yeux, je me rapprochai en signe de bonne volonté. Il n'en fit rien, semblant de nouveau plongé dans un abîme de pensées obscur. Cela me vexa quelques instants, puis ma curiosité de petite fille humaine prit le dessus; je voulais en savoir plus sur cet étrange animal estropié, car l'image lui collait de plus en plus: une expérience de laboratoire qui n'aurait pas viré au drame et qui serait parvenu à s'échapper de sa cage scientifique... Maintenant, le voilà dans le monde réel, et il s'est aperçu qu'il brillait la nuit... Et bien sûr, il porte en permanence une couverture sur lui pour que l'on voit pas sa fourrure phosphorescente...
Cette idée saugrenue me fit d'abord sourire: quelles images bizarres avais-je en tête !
Je fais vraiment des comparaisons et des rapprochements étranges !
Puis l'idée de cacher une bizarrerie sous un morceau de tissu vint se coller à la situation présente, c'est-à-dire un jeune homme aux cheveux roses qui cachait son oeil droit à tout prix comme un animal blessé.
Je frissonnai. Il était toujours pensif, ne remarquant pas mes changements rapides d'attitude à son égard, heureusement... Je ne voulais pas passer pour une cinglée devant lui, à tout le temps changer de comportemet, ou pire paraître inconstante et donc faible psychologiquement... Avec la vie que je menais tous les jours dans cette fange anglaise, je ne savais que trop bien que l'avis de quelqu'un pouvait changer à tout moment, sur un battement de cils trop nerveux; d'un claquement de doigts, un homme d'âge mûr pouvait brusquement voir la pauvre jeune femme sans défense derrière la miséreuse qui demande avec acharnement un morceau de pain...
Combien de fois un bourgeois avenant a subitement changé d'objectif, après que je sois rentré dans sa maison et j'aie enlevé le lourd manteau qui cachait mon corps trop exposé, malgré le tissu usé de ma robe ! Combien d'hommes ont d'un seul coup pensé au prix du pain ou des vêtements qu"ils m'avaient cédés !
Quelque chose coula sur mes joues.
Je pleure ?
Non, il commençait juste de pleuvoir... Je levai la tête au ciel et laissai l'eau des nues percuter mon visage et effacer, comme une vague efface les messages eternelles écrits dans la grève, toute cette souffrance morale qui remontait du fond de mon être.
«S'il te plaît... » gémit-il encore une fois, plus comme une supplication que comme une demande badine.
Je me balançais d'un pied sur l'autre.
Que faire ?
Le mieux était de lui rendre son précieux bandeau, mais alors je n'aurais jamais su le pourquoi de cet étrange comportement. Mais si je refusais de lui rendre, que penserait-il de moi ? Assurement, que de faire preuve de gentillesse avait été une grosse bêtise ! Et ça, je ne le voulais strictement pas...
Que dois-je faire ? Quel dilemme !
Je plongeai mon regard dans le sien. Son oeil clair me regardait avec souffrance, comme s'il était lui aussi partagé entre deux choix pénibles... Non, je divaguais; il était juste peiné de s'être fait arracher son cache-oeil si facilement par une gamine comme moi... Je pris une grande inspiration, gonflant ma poitrine comme une baudruche et m'apprêtai à poser ma question; sous le coup du stress, je bloquai ma respiration et commençai suffoquer de tant d'air. j'expirai un grand coup par automatisme, repris une goulée d'air et profitai du désordre dans ma partie consciente causé par cet enchaînement de réactions très stupides pour enfin faire sortir l'interrogation qui entravait mes neurones et me brûlait la langue comme de la glace pilée.
«Qu'est-ce que vous cachez sous votre frange ? Si vous êtes juste borgne, je ne vois pas pourquoi faire un tel cinéma ! J'en ai croisé des aveugles, je sais ce que c'est, un oeil qui ne voit plus ! Ca fait des années que je parcours ces ruelles, alors vous pensez ! Ou alors, c'est que vous cachez autre chose ...
Je me mordis la langue sur le "des années".
Zut ! S'il avait un doute sur ma nature véritable, le voilà fixé !
Je pris peur un instant, puis décidai de prendre le taureau par les cornes.
«Que savez-vous sur moi, après tout ? J'en sais à peine plus ! Que savez-vous ? Vous savez, n'est-ce-pas...? Je vous rendrais votre bandeau si vous me dites ce que vous êtes exactement... De nous deux, je saurais au moins pour l'un ! Ho, mais vous savez peut-être ça aussi ...
Je jetai un coup d'oeil sur son visage, dont le côté droit était toujours mangé par la frange rose. Un horrible doute m'assaillit.
Et s'il ne savait pas ? S'il était juste...comme moi, peut-être ?
«Vous savez ? Non... Vous ne savez pas... Vous êtes juste comme moi, une âme un peu perdue dans ce vaste monde qu'est Londres...
Parlez-moi de votre vie... Je ne connais que la mienne, et encore ! Je vous rendrai votre cache-oeil... Moi, je ne sais même pas si j'ai des parents ! Depuis quand je vis, pourquoi... Tout est question dans mon existence ! Mes souvenirs jouent à l'emmenthal: ils sont pleins de trous ! Tellement de lacunes que je ne me rappelle que du vide, du vent, du rien... Vous, vous avez des souvenirs, je suppose ! Oui, des souvenirs qui font souffrir, ou rire et pleurer... Moi, je ne fais que pleurer de leurs absences... Mon marché n'est pas très honnête, du vide contre quelque chose ! Mais je vous offre un beau cadeau: je vais vous prouver qu'il vaut mieux souffrir de se rappeller que de ne pas se souvenir ! Vous souffrez de vous rappeler quoi ? J'aimerais tellement savoir... Parlez donc... Et je vous rendrai votre cache-oeil...
»
Ma tirade se terminait sur un ton douloureux; mes sentiments, ma douleur se déversaient maintenant comme un flot d'eau boueuse dans mon coeur fragile. De me rappeler toutes ces choses me faisait mal ! J'en avais subitement assez, assez d'endurer tranquillement l'humiliation, l'amnésie, le froid sur ma peau pendant l'hiver... Assez de laisser ces abominables humains pervers toucher mon corps intimement et commettre les pires atrocités devant mes yeux, juste pour un peu de chaleur et des habits chauds...
Fermer les yeux, oublier, laisser faire, j'en ai assez !
Mon âme,si j'en avais une, criait à l'injustice et réclamait vengeance, furieuse comme un torrent en crue. Je devais ouvrir les vannes, ou le barrage de ma stabilité spychologique craquerait et s'effondrerait. Depuis trop longtemps, je laissais le silence imprégner chaque méfait des humains pires que des diables.
«J'en ai assez ! Marre de les laisser me...! Marre de devoir oublier toutes ces choses ! Marre... Qu'ai-je donc fait pour souffrir autant ? Expliquez-moi... Peut-être que vous savez...
Je fondis en larmes et m'écroulai au sol. Je me fichais pas mal de ce qu'il pouvait bien penser de moi. Peut-être qu'il était parti, ennuyé d'un tel dramatique. Je relevai la tête, les yeux brouillés de larmes amères. Il était toujours là.
«Vous savez que vous ressemblez à un ange ? Heureusement, vous n'êtes qu'un humain éphémère... Quand vous serez mort, je n'aurais pas même pris une ride ! Ha ha ! Oubliez tout ça, je vais vous gâcher l'existence ! dis-je dans un sourire triste. Je fis un geste de la main pour illustrer mes dires.
Qu'importe s'il sait tout, je pourrais toujours le tuer... Comme je l'ai fait à chacune de mes bévues.. Ce n'est qu'un humain après tout !


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MessageSujet: Re: Le chirurgien des songes.   Mar 15 Mar - 21:26

Elle semblait hésiter à me le rendre.
Peut-être l’avais-je impressionnée, peut-être avait-elle peur…

"-Qu'est-ce que vous cachez sous votre frange ? Si vous êtes juste borgne, je ne vois pas pourquoi faire un tel cinéma ! J'en ai croisé des aveugles, je sais ce que c'est, un oeil qui ne voit plus ! Ça fait des années que je parcours ces ruelles, alors vous pensez ! Ou alors, c'est que vous cachez autre chose ... "

Oui, forcement, une personne qui n’avait à cacher qu’un simple œil laiteux n’aurait pas fait tout ce cinéma… Elle avait remarqué que ma réaction était des plus suspicieuses…


«- Que savez-vous sur moi, après tout ? J'en sais à peine plus ! Que savez-vous ? Vous savez, n'est-ce-pas...? Je vous rendrais votre bandeau si vous me dites ce que vous êtes exactement... De nous deux, je saurais au moins pour l'un ! Ho, mais vous savez peut-être ça aussi ... »

Mais diable, diable… De quoi parlait-elle? Tout pouvais pourtant avoir un sens, mais encore faudrait-il…
Peut-être croyait-elle aux anges, elle.
Qui sait… Oui, qui sait qui suis-je réellement?

«- Vous savez ? Non... Vous ne savez pas... Vous êtes juste comme moi, une âme un peu perdue dans ce vaste monde qu'est Londres...
Parlez-moi de votre vie... Je ne connais que la mienne, et encore ! Je vous rendrai votre cache-oeil... Moi, je ne sais même pas si j'ai des parents ! Depuis quand je vis, pourquoi... Tout est question dans mon existence ! Mes souvenirs jouent à l'emmenthal: ils sont pleins de trous ! Tellement de lacunes que je ne me rappelle que du vide, du vent, du rien... Vous, vous avez des souvenirs, je suppose ! Oui, des souvenirs qui font souffrir, ou rire et pleurer... Moi, je ne fais que pleurer de leurs absences... Mon marché n'est pas très honnête, du vide contre quelque chose ! Mais je vous offre un beau cadeau: je vais vous prouver qu'il vaut mieux souffrir de se rappeler que de ne pas se souvenir ! Vous souffrez de vous rappeler quoi ? J'aimerais tellement savoir... Parlez donc... Et je vous rendrai votre cache-oeil...
»

Me prouver qu’il vaut mieux souffrir de se rappeler que de ne pas se souvenir…
Cette phrase me percuta en pleine poitrine. Ma vue s’embruma un instant. Je ne devais pas paraître faible encore une fois…

Mais c’était comme si… comme si elle se doutait de tout et voulait me faire parler.

«J'en ai assez ! Marre de les laisser me...! Marre de devoir oublier toutes ces choses ! Marre... Qu'ai-je donc fait pour souffrir autant ? Expliquez-moi... Peut-être que vous savez... »

Elle s’écroula sur le sol. « Expliquez-moi, expliquez-moi… »
Peut-être que le destin me souriait enfin. Un sourire de ses dents de démons qui m’ont rendu ange.

Elle releva la tête, et me fit:

« Vous savez que vous ressemblez à un ange ? Heureusement, vous n'êtes qu'un humain éphémère... Quand vous serez mort, je n'aurais pas même pris une ride ! Ha ha ! Oubliez tout ça, je vais vous gâcher l'existence ! » Puis elle eu un sourire triste.

De toute ma vie, personne ne m’avait dit quelques chose d’aussi… Gentil. D’aussi sincère.
« Savez-vous que vous ressemblez à un ange? »
Appart peut-être ma mère… Oh! maman…

Elle était toujours par terre. Puis, sans réfléchir, je la saisi par la taille et la décolla du sol, en espérant qu'elle ne prenne pas mal ce geste de ma part. Puis je la porta dans mes bras jusqu’à mes appartements comme le ferai un grand frère, un ami plus âge et protecteur…

[Résidence de Hizu letter.]

Je l’eu porté ainsi jusqu’à mon perron, ou je la déposa à terre comme une Princesse et lui ouvrit la porte de chez moi, la laissant découvrir les tapisseries, les tableaux et les boiseries du hall d’entrée. Mes trois muses félines accoururent pour voir la toute première Dame entrer dans mon domicile, s’approchèrent d’elle puis repartirent en courant…

Je ne pris pas compte de ce détail, puis me retourna vers elle, en fermant la porte.
Mes larmes avait séchées comme le sang avait du séché il y a un an. Je tentai un sourire.

« - Bienvenue chez moi… Je veux que tu sache tout d’abord que tu peux ressortir et revenir quand bon te le semble, et que je n’ai aucunes mauvaises intentions… »
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MessageSujet: Re: Le chirurgien des songes.   Sam 19 Mar - 21:42

Il me saisit par la taille et me souleva du sol où j'étais toujours étendue.
Toute vie quitta mon corps et je me transformai en statue de marbre dans ses bras; il avait senti ma faiblesse ! Bon, comment ne pas la sentir ? Je m'étais mise à pleurer au milieu de la rue ! Enfin, j'étais faite comme un rat, là. Je venais de lui apprendre, qu'en plus de n'être qu'une pauvre fille abandonnée qui ne résisterait que très mal, qu'il ne serait pas le premier à me passer sur le corps ! Mais il me paraissait si... gentil...
Ils le sont tous gentils, au début !
Je me maudis, encore et encore. Les larmes ne me montaient plus aux yeux,mais je ressentais une grande tristesse.
Mais quelle cruche j'ai été !
Combien d'hommes avaient joué à la sympathique fleur, pour se trouver être une horrible araignée piégant le fragile papillon ?
Mais il semblait si...
Cela détruisit le mur de mes espérances en l'humanité comme un boulet de canon. Le coup était très dur à accuser, bien plus que d'habitude ou quand un jeune homme fort civile venait uniquement faire la conversation parce qu'il me pensait femme de mauvaise vie et espérait une déduction sur le prix en paraissant affable et galant. Je lui en voulais réellement. Pourquoi ? Sans doute avais-je placé beaucoup d'espoir en lui ! Une fois de plus, j'avais été sotte et trop faible.
Tant pis pour lui, j'allais devoir une fois de plus occire pour effacer mon existence. Cela n'effacerait pas son geste, certes, ni ne soulagerait ma conscience, mais déjà ma vengeance serait accomplie en partie, et je disparaîtrais encore du monde après son passage ad patres.
Plus de traces de moi et mon malaise intérieur, mon sentiment constant de souillure et d'abandon...
Commettre un meurtre était horrible, mais cela avait le don de vous vider de tout; sentiments, tristesse, douleur... tout cela disparaissait comme dans un tourbillon rouge. Alors, qu'il me viole si cela lui chantait ! Ce sera alors la dernière chose dont il profitera en ce monde. Je m'étais trop dévoilée une fois encore. Dire que je venais de réussir à enlever la dernière tache écarlate du tissu de ma robe ! Non, je n'allais pas encore éclabousser partout du rouge... On en avait parlé dans les journaux la dernière fois... Certains avaient même soufflé le surnom infâme d'un criminel notoire en lisant l'affaire, Jack the Ripper... Comme si ce charmant monsieur n'avait plus assez de prostituées sous la main pour s'attaquer à un homme d'âge mûr ! Et lui enlevait les organes; moi, je ne faisais qu'effacer ma présence et detruire mes bévues.
Mon kidnappeur marchait d'un pas égal et regardait droit devant lui, ce qui fit que je pouvais le scruter à loisir, et choisir où je planterai et quoi pour le faire passer de vie à trépas rapidement. Il avait la peau plutôt pâle en fait ! Et ses cheveux n'étaient pas vraiment roses... Disons qu'ils tiraient très nettement sur cette nuance ! Je remarquai également qu'il me portait dans ses bras; être traitée comme une princesse me donnait mauvaise conscience de vouloir le tuer aussi froidement ! Ma première pensée en le voyant, lui et ses croissants, me revint brusquement en mémoire tandis que j'admirais la frange rosée, qui cachait toujours son mystérieux secret d'ailleurs: "lequel allais-je croquer en premier ?" Cela me fit sourire.
Finalement la viennoiserie y est passée en premier, et pour le second choix, c'est moi qui vais y passer, plutôt !
Holala ! Mais comment pouvais-je faire de telles plaisanteries en pareil instant ? J'allais me faire violer, ou pire encore, car on n'avait pas encore retrouvé Jack, justement... et je badinais courtoisement sur la situation, pareille à une marquise imbibée de rhum ! Je réfléchis un instant sur moi-même et conclus tristement que j'étais fort calme et bien apaisée du roulis tranquille que procurait la nacelle de ses bras. Ce que c'était agréable !
Depuis combien de temps n'avais-je pas senti la douce chaleur d'une peau nue sur la mienne, ces merveilleuses caresses que seule une main aimante pouvait faire sur une joue timide et rougie ? Tous mes souvenirs se ramenait à un corps frénétique et hideux qui cherchait le contact de ma peau ingénue tel un ivrogne cherche avec empressement une bouteille de liqueur, des mains grossières qui n'hésitaient pas à arracher mes vêtements pour parvenir plus rapidement à souiller mon corps tremblant de leur simple présence, des insultes obscènes et insultantes pour qu'un monstre quelconque, au modèle trop commun par les rues, puisse parvenir à la jouissance impure et abominable contre mes flancs; quand ce n'était pas un sinistre individu qui m'obligeait à ingurgiter... Et tous mes autres souvenirs n'étaient que massacres à oublier, tueries dont j'étais l'auteur, conflits qui dégènéraient et mascarades sanglantes... Pourquoi ?
N'y a-t-il donc que ça dans ce triste monde, du sang, du sexe et de la violence gratuite ?
Mon protecteur continuait son cheminement. "Protecteur" ? Oui, il me protégeait, d'une certaine manière... Dans ses bras, je commençais difficilement à oublier toutes les vilaines images qui encombraient mon cerveau.
Cette chaleur... Ce balancement lent... Quelle bonheur !
J'avais l'impression d'être sur un nuage... Non, il ne pouvait pas me violer, il était trop... pour ça... ! Et voilà, j'étais sous son charme; qu'il fasse ce qu'il voulait, j'étais d'accord ! Et pourquoi parlais-je de viol depuis tout à l'heure ? c'est quand la victime n'est pas consentante ça, non ?
Je n'allais pas le tuer, il était trop mignon sous cet angle ! Ces traits délicats devaient faire bondir des coeurs ! Tiens, c'est vrai ça ! Pourquoi un mec aussi mignon en était parvenu à enlever une jeune fille innocente à sa chère rue mal famée ? Bon, je n'étais pas très innocente, et il m'avais pris dans ses bras au beau milieu du West End, mais quand même ? Quel secret si lourd ferait qu'un jeune homme comme lui soit réduit au plus vil des actes sur la gent féminine ?
Je decidai d'étudier le personnage d'une manière plus psychologique...
Récapitulons la situation... Alors, il sort d'une boutique, et il voit une jeune fille baver devant ses croissants. Il lui en propose un, simple politesse bourgeoise... Il commence à rebrousser chemin quand l'autre se met à gueuler "Oui !" Il revient et lui donne croissant. Elle le dévore, lui saute dessus, et enlève son bandeau au passage ... Hum... C'est moi qui passe pour une tarée, là ! Bon... Mais là, au lieu de lui prendre et s'en aller, ou faire un sourire style "c'est pas grave, je t'en veux pas, gamine !", il gémit qu'on lui rendes on bandeau... La miss hésite, et lui couine... Pour une rason obscure du public, la fille se met finalement à l'agresser verbalement en sortant des paroles sans queue ni tête , avant de de s'effondrer en larmes sur le pavé ! Heu... Qui est le vrai cas psychologique dans cette histoire ? Enfin, je suis cinglée, rien ne peut le démentir !
Quand même ... Que cachait cette frange ? Je levai en tremblant mon bras de quelques centimètres pour espérer dévier ce rideau de kératine, puis renonçait. Il ne voulait pas encore que je sache...
Mais qu'est-ce que je raconte ?
Il allait me violer, et c'est tout ! Rien de plus ! Pourtant, mon esprit semblait vouloir me souffler un avenir tout autre... Etait-ce cela, "l'intuition féminine " ? Je n'étais qu'un démon, tout comme lui n'était qu'un humain ...
Une étrange supposition un peu folle et biscornue poussa dans ma caboche: et s'il n'était pas tout à fait 'humain', comme moi ?
Mais non ! Arrêtes de penser n'importe quoi, Sally ! Et pourquoi pas un Ange aussi ? Un ange perdu au milieu des humains ! Qui cherche desespérement une âme vers qui se tourner pour raconter ses petits malheurs ! Haha ! Stupide idiote que tu es ! Ce sont les petites humaines qui croient aux contes de fée !
Il me déposa enfin au sol.
"Au sol" ? Pas sur un lit, ou un tapis de fourrure, à la rigueur ?
Non, sur un perron de résidence de West End. Il ouvrit la porte.
C'est chez lui ?
Je jetai un timide coup d'oeil à l'intérieur; jamais il ne me laisserait entrer, il avait dû revenir chez lui pour prévenir de son absence un quelconque domestique ou demander à aller chercher une babiole futile. De riches tapisseries, de belles boiseries, des meubles finement scultés, des peintures chères; j'avais encore tapé dans l'oeil d'un riche ! Et bien ! Peut-être pourrais-je de nouveau quémander des riches étoffes pour le tailleur ?
Vu la décoration, il ne devait pas être trop rapiat...
Deux robes faciles ! Peut-être trois, voire quatre...
Trois félins vinrent se frotter à moi. L'un d'entre eux était un chat de gouttière, les autres des pures races venus de l'autre bout de la planète sans doute... Des expatriés, tout comme moi ! Ils repartirent bien vite, comme la plupart des bestioles qui me frôlaient. Je fis mine de m'interesser à leur cas pour oser poser un pied dans la riche demeure. Tout avait l'air rangé, mais pas parfaitement. On apercevait quelques grains de poussière sous les meubles et un des tableaux n'était pas parfaitement droit : aucune domestique. Pourquoi était-il revenu là alors ? Il me fit signe d'entrer.
Voudrait-il que ce soit moi sa domestique ? Encore un de ces riches qui s'imaginent prodigues parce qu'ils offrent une place d'esclave à des miséreux ?
Ce n'était presque pas mieux que mon idée première. Je fis un autre pas, espérant découvrir une humaine maladive dans un coin, une soeur ou une vieille mère, qui expliquerait cette absence mystérieuse de servants. Les femelles peuvent être capricieuses des fois ! Et les humains ont toujours de ces idées tordues ! Alors des humaines... Mais personne. Je continuai mon avancée, découvrant petit à petit le hall d'entrée luxueux. Il ferma délicatement la porte derrière moi dès que je fus assez loin du pas de celle-ci. Je me retournai; il voulait que je rentre, en fait...
Alors, première ou deuxième idée ? La première, après tout, pourquoi pas...
J'allais lui rétorquer que je refusais catégoriquement de faire la bonniche quand il me lança avec un grand sourire :
«Bienvenue chez moi… Je veux que tu saches tout d’abord que tu peux ressortir et revenir quand bon te le semble, et que je n’ai aucunes mauvaises intentions…»
Arrêt sur image.
«Hein ? Que... Comment ça ? » Alors ça, c'était la meilleure ! Il... Il venait de me proposer de venir chez lui quand je voulais ?
Ha bah ça alors...
Si je m'y attendais... Tous mes scénarii catastrophes et mes plans d'évasion s'évanouirent par ses quelques mots. Je brûlais maintenant d'impatience de voir se préciser ces déclarations et voir s'il sous-entendait vraiment que...
«Je... Je peux vraiment revenir si... si je veux ? Je ... Je peux rester, même ? Je veux dire... longtemps... Rester ici... dormir... et tout...? Par... Partager votre... heu... enfin, vivre ici, quoi ? M'installer ? Avoir un chez-moi tout chaud qui m'attend le soir ? Un petit nid que je serais triste de quitter durant la journée, après une douce nuit sans intempéries, sans bourrasques qui arrachent la couverture et sans mystérieux hommes armés et tatoués de cicatrices qui vous secouent parce que vous dormez sur le lieu de leur 'transaction' ? Vous... Vous voulez dire ça ? Que... vous m'invitez chez vous ? Je trépignais d'impatience. J'en étais prête à prier le Ciel et m'excuser pour toutes les horreurs dont je l'avais affublé pour un oui franc et chaleureux, comme un sourire innocent d'enfant. J'espérais qu'il n'avait pas vu les larmes de joie pure qui faisaient scintiller mes yeux comme des flambeaux.
«Puisque, au mieux nous sommes destinés à co-habiter, au pire à se revoir au moins une fois... puis-je vous tutoyer, Monsieur ? Et... savoir... ton..nom...? ...
Moi, c'est Sally... Sally Nechrow...
» Je lui tendis la main en signe d'amitié.
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MessageSujet: Re: Le chirurgien des songes.   Ven 25 Mar - 23:28

«Bienvenue chez moi… Je veux que tu saches tout d’abord que tu peux ressortir et revenir quand bon te le semble, et que je n’ai aucunes mauvaises intentions…»
Elle sembla plutôt déstabillisée… Que c’était-elle imaginé? Je crois que la question ne se posait pas…

«Je... Je peux vraiment revenir si... si je veux ? Je ... Je peux rester, même ? Je veux dire... longtemps... Rester ici... dormir... et tout...? Par... Partager votre... heu... enfin, vivre ici, quoi ? M'installer ? Avoir un chez-moi tout chaud qui m'attend le soir ? Un petit nid que je serais triste de quitter durant la journée, après une douce nuit sans intempéries, sans bourrasques qui arrachent la couverture et sans mystérieux hommes armés et tatoués de cicatrices qui vous secouent parce que vous dormez sur le lieu de leur 'transaction' ? Vous... Vous voulez dire ça ? Que... vous m'invitez chez vous ? Puisque, au mieux nous sommes destinés à co-habiter, au pire à se revoir au moins une fois... puis-je vous tutoyer, Monsieur ? Et... savoir... ton..nom...? ...
Moi, c'est Sally... Sally Nechrow...»


Elle me tendit la main, et je lui rendit évidemment sa poignée. Charmante petite…
Je lui souris. Elle était vraiment adorable, au fond…

« - J’ai pensé que tu ne devais pas avoir de domicile à toi à proprement parler… Tu es donc la bienvenue ici… J’ai besoin d’un peu de compagnie ces temps-çi, mais je ne veux ni d’un conjoints ni d’un domestique. Et puis… Quitte à être franc, je souhaite avoir une héritière, quelqu’un à qui je léguerais mon savoir et que je considérerait comme une sœur, une amie, quelqu’un que je protegerais… Si cette proposition ne te plait pas, tu peux la refuser.
Mais tu ne sera pas ma bonne. Les seules services que je te demanderait seront rare. Tu pourra par exemple aller choisir le repas du soir au marché… Ah, oui. Et je te demanderais juste d’essayer de ne pas trop abimer mon mobilier…
*rire*

Ah oui, pardon. Je m’appelle Hizu Letter. Je n’ai que dix-sept ans et nous vivons désormais ensemble, donc tu peux me tutoyer et m’appeler Hizu. »

Je lui fit alors signe de me suivre. Nous traversâmes le Hall, puis le couloir qui menait à mon salon.

C’était une pièce suffisamment lumineuse pour pouvoir y lire le jour. Elle arborait un mélange de tapisseries fleurie et baroques, et des boiseries clairs. Elle était meublée d’étagère et de deux fauteuils dans le fond de la pièce, le coin bibliothèque. Non-loin, un haut meuble à vitrine rempli de vaisselle fine pour le thé, et une table déjà dressé, digne d’une tea party d’Alice au pays des Merveilles.
J’ai fait le tour de la pièce, et alluma les lampes et bougies, donnant une peu de vie et un peu de chaleurosité à la pièce, et remarquai que j’avai laissé quelques-unes de mes poupées dans le salon pour les prendre en photos.
Des Types Hina et ichimatsu était posés sur diverses estrades et étagères, et deux poupées à joints sphériques reposait sur l’un de mes fauteuils de velours vert émeurode, dans le fond de ma pièce.

On dit souvent que les filles adores les poupées et les belles robes. Elle avait plutôt l’air mature, donc je doutais qu’elle aime ce genre d’art, mais les belles robes, tout le monde aimait s’en acheter! (même moi… Haem.)

En attendant que l’eau chauffe, j’imaginais la demoiselle dans diverses robes, plus ou moins longues, plus ou moins fournies en dentelles et décorations en tout genre. En petite robe champêtre, une longue de couturier, une plus courte de Lady Anglaise, en yukata, en kimono de nouvel an… J’aurais de quoi mettre mes talents d’apprenti-couturier à l’épreuve, je ne travaillerais plus sur des modèles de vingt à quatre-vingt centimètres mais sur une vrai jeune et belle demoiselle.

Je lui tendit alors la plus belle tasse de la table et y versa un peu de thé.

« - Oh… Je ne t’ai pas demandé si tu aimais ça… Mais si tu préffere, j’ai acheté quelques oranges dans le quartier indien hier, elle sont encore fraiche, je peux en faire du jus. »

Partant ni une ni deux fouiller dans mon placard, j’y sorti alors une grosse boite ronde et haute, en métal. Le genre de boite que tout le monde aime…

- Tiens, si tu veux des biscuit avec ton thé, ou… sers-toi, Sally. Et j’aurais besoin de toi tout à l’heure, si cela ne te dérange pas… J’ai plusieurs pièces de ma penderie que je ne pourrais jamais mettre et qui devraient t’intéresser… »
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MessageSujet: Re: Le chirurgien des songes.   Mer 30 Mar - 15:00

Mon inconnu tendit à son tour la main pour serrer la mienne. Il sourit.
Finalement, je me suis trompée sur toute la ligne... Mais tant mieux !
«J’ai pensé que tu ne devais pas avoir de domicile à toi à proprement parlé… Tu es donc la bienvenue ici… J’ai besoin d’un peu de compagnie ces temps-ci, mais je ne veux ni d’un conjoint ni d’un domestique. Et puis… Quitte à être franc, je souhaite avoir une héritière, quelqu’un à qui je léguerais mon savoir et que je considérerais comme une sœur, une amie, quelqu’un que je protegerai… Si cette proposition ne te plait pas, tu peux la refuser.»
Si ça ne me plaisait pas ? Il rigolait ? jamais on ne m'avait fait une telle proposition ! La dernière fois qu'un homme m'avait proposé un gîte et un couvert gratuit, c'était ce sale aubergiste qui préférait un payement en 'nature' ! Mais le pire, cela avait été cette maquerelle, qui avait vu en moi d' "un talent certain " pour aider aux affaires ! je ne pus retenir quelques larmes.
«Mais tu ne seras pas ma bonne. Les seules services que je te demanderai seront rares. Tu pourras par exemple aller choisir le repas du soir au marché… Ah, oui ! Et je te demanderais juste d’essayer de ne pas trop abîmer mon mobilier… [/color]»
Sur cette tirade, il se mit à rire. cela me fit chaud au coeur; voir des gens rire, ça aussi c'était rare dans mon quotidien... Il ne voulait pas de conjoint ? Dommage, il était vraiment mignon...
Le mot "héritière" sonne beau à mon oreille ! A défaut de connaître le passé, je vais meubler mon avenir !
«Ah oui, pardon. Je m’appelle Hizu Letter. Je n’ai que dix-sept ans et nous vivons désormais ensemble, donc tu peux me tutoyer et m’appeler Hizu.»
Il n'a que dix-sept printemps ? Je lui en aurais donné trois quatre de plus ! Sa vie n'a pas dû être facile pour qu'il soit si peu insouciant à cet âge !
Hizu... Je retournais ce mot dans ma tête pour en apprécier toute les subtilités et ne pas risquer de l'oublier.
Hizu... Quel prénom magnifique !
Il me fit signe de le suivre. Nous traversâmes ce qui s'apparentait à un hall, car n'étant spécialiste des maisons bourgeoises, je reconnaissais les différents éléments uniquement par descriptions d'amers prolétaires autrefois mes maîtres ou dont j'avais été la maîtresse forcée. Je le suivis dans un couloir, et nous débouchâmes sur une pièce assez éclairée, garnie d'étagères, de quelques meubles, de deux fauteuils et de tapisseries riches. Une bibliothèque peut-être ? Non, il y avait une vitrine remplie de services à thé qui m'évoquaient plus une dînette que des véritables tasses, soucoupes et tout le bazar pour ingurgiter cette eau chaude parfumée. Je ne comprenais vraiment pas quel plaisir il y avait à boire de l'eau chaude avec des feuilles dedans ! Bon, je n'en n'avais bu de vrai, mais je doutais avoir la moindre affinité avec le thé, quel qu'il soit ! Et là-bas, une table dressée ?
Je viens d'aterrir chez Le Chapelier et le Lièvre de Mars, ou quoi ?
Je m'imaginais un instant dans la courte robe de l'héroïne Alice, pleine de dentelles et pourtant au style très simple ! Bon, mes cheveux avaient loin d'avoir la blondeur candide qu'on attribue facilement à ceux d'Alice, ils étaient même bruns, ou plutôt rouge, mais alors ? J'étais Alice et... Je me statufiais
Mes cheveux ! Je les colore ! Si j'habite ici... il va savoir que je les teins ! Et comment expliquer cette couleur, à mi-chemin entre le jus de fruits rouges et le sang ? Il..
Il a les cheveux qui tirent sur le rose, après tout ! Chacun ses secrets... Tant pis s'il voit la nuance horrible de ma chevelure !

Je regardais autour de moi: mon hôte avait disparu. Il avait fait le tour de la pièce et allumé les chandelles, ce qui donnait une teinte assez chaleureuse à la pièce, bien que la lumière du jour y perçât encore. Je remarquai alors les poupées. Un frssson parcourut mon échine; qui pouvait avoir autant de poupées posées nonchalamment sur des étagères et un fauteuil ? Des soupçons d'être tombée sur un fou passèrent en coup de vent dans mon esprit, puis je me rassurai en imaginant une nièce, une soeur, n'importe quoi qui expliquerait cette étrangeté. Il revint enfin, chargé d'une théière. Il avait juste fait chauffé de l'eau. Il me servit une partie de la potion contenue dans la théière, dans sans doute la plus jolie tasse de la maison. Je fis une horrible grimace, que je cachai bien vite derrière mon bras.
« Oh… Je ne t’ai pas demandé si tu aimais ça… Mais si tu préfères, j’ai acheté quelques oranges dans le quartier indien hier, elle sont encore fraiches, je peux en faire du jus. »
Zut, il a dû voir ma grimace ! Mais je vais quand même essayer le thé, je veux pas mourir bête !
Hizu partit fouiller dans son placard. J'en profitai pour essayer d'ingurgiter l'horrible liquide.
Bah en fait ce n'est pas si mauvais...
J'en rebus une gorgée, tandis que mon hôte revenait avec une grande boîte en mlétal. Le genre que tout le monde aime bien: une boîte à gateaux !
«Tiens, si tu veux des biscuit avec ton thé, ou… sers-toi, Sally. Et j’aurais besoin de toi tout à l’heure, si cela ne te dérange pas… J’ai plusieurs pièces de ma penderie que je ne pourrais jamais mettre et qui devraient t’intéresser…»
Je frémis un peu à ses paroles , et l'idée d'être chez un psychopathe me revint en tête. Non non, il ne pouvait pas... avoir des... robes ?! Instinctivement, je reculai; ce qui provoqua la chute de la chaise, et de moi par la même occasion. Hizu était déjà parti. Je ne savais pas trop quoi faire. Il pouvait revenir d'une seconde à l'autre, et j'étais blanche comme du plâtre.
Il revient ! Zut ! Je fais quoi ?
Sans trop savoir pourquoi, je me mis à courir. Vers Où ? Ha ça... Toujours est-il que j'atterris dans ce qui semblait être sa chambre. Il était dedans, et me regardait, surpris. Il n'était pas revenu, en fait...
«J'ai hâte... hâte d'essayer ces robes...»
J'essayai de mettre le plus d'entrain possible, ce qui devait contraster avec ton teint d'aspirine.
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MessageSujet: Re: Le chirurgien des songes.   Dim 3 Avr - 1:23

"- Tiens, si tu veux des biscuit avec ton thé, ou… sers-toi, Sally. Et j’aurais besoin de toi tout à l’heure, si cela ne te dérange pas… J’ai plusieurs pièces de ma penderie que je ne pourrais jamais mettre et qui devraient t’intéresser…»

J’avais posé la boite sur la table, pour l’occuper le temps que je revienne. Je parti dans ma chambre, celle où je rangeais les robes qui m’appartenaient. Pour ne pas dire « mes robes »… Londres avait beau être une ville libre et excentrique, un homme portant des robes était généralement très mal vu…
Je ne portais d’ailleurs que très rarement ces pièces-là de ma penderie. La dernière fois remontait à environ un mois. Pour passer plus inaperçu, je m’étais entièrement déguisé en fille, et seule les habituée du boudoir avaient reconnues le Conteur aux milles visages que j’étais.
Cela faisait longtemps que je n’étais pas allé raconter des histoires et faire le clown de ces Dames au salon de thé… Il faudrait que j’y emmène Sally de temps en temps… J’étais sur que sa nature d’être très naturelle et son coté espiègle ravirais mon groupe d’amies. Des dames de la Haute qui s’ennuyait un peu…
Si elle le désirait, j’emmènerais Sally cette semaine, et elle sera resplendissante dans une de ces robes que je ne peux que rarement porter…
J'ouvrai mon armoire, et commença à décrocher plusieurs pièces de leurs cintres, en les posant en pile sur mon lit... En terminant par celle que je "préférais" ... C'était une robe plutôt courte, dans une teinte entre le bleu turquoise et le bleu ciel, toute bien bordée de dentelle... Telle celle d'Alice au pays des Merveilles.
"- Cela fait longtemps que je ne l'ai pas mise..." Me dis-je à moi-même, en me mordant les lèvres.
Sans trop réfléchir, j'ôtais rapidement ma chemise et (presque) tout le reste, et enfila en vitesse la robe ainsi que ses jupons, bas et gants en dentelle blanche.
Le bleu avait-il a ma nouvelle locataire? Je pourrais la recoudre en une autre couleur...
En noir? En rose pale? Ou bien de la même couleur que ses cheveux, ou de ses yeux?
Puis un "Boum" retentit. Des pas, s'approchant rapidement.

Oh non, non, non...! Quel excuse allais-je inventer?!
J'eus juste le temps d'attraper un long, long manteau de fourrure d'hermine qui me tombait sur les pieds et cachait toutes cette dentelle, toute cette féminité...
Sally entra, toute affolée et apparemment surprise de me trouver ici.
«J'ai hâte... hâte d'essayer ces robes...»

Son teint était livide... Peut-être n'aimait-elle pas rester seule...
"- Hm, j'en ai justement sorti quelques-unes qui devraient t'aller... Tu peux les essayer ici. La porte a une serrure, et pendant ce temps... Je ne sais pas, pendant ce temps je t'attendrais dans le salon. "

Ce ne fût qu'une fois que je me sois installé dans mon fauteuil et qu'elle ai fermé la porte que je m'aperçus que... Mes vêtements étaient restés à l'intérieur...
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MessageSujet: Re: Le chirurgien des songes.   Jeu 7 Avr - 17:09

Hizu baratina quelques phrases, et s'enfuit vite hors de la pièce, vêtu d'un beau manteau d'hermine.
Flippant, ce mec, quand même !
J'observai enfin les robes qu'il avait entreposées sur le lit et dans la penderie. On se serait cru chez un tailleur, clairement. Je réprimai un violent frisson de... je ne sais quoi. Je respirai un grand coup.
Il est peut-être vraiment bizarre, cocotte, mais tu l'es tout autant !
Mais allais-je pouvoir supporter ce taré en puissance ?
Toi aussi tu es tarée, mignonne !
Ma discussion intérieure se finit sur cette reflexion et je décidai de commencer à enfiler une des robes luxueuses qui pendaient aux cintres telles des cadavres vidés de leurs entrailles chez un boucher. Bon, luxueux, les cadavres !
La première était une courte robe en tissu précieux, bardée de dentelles partout où cela était possible d'en mettre. Je réprimai de nouveau un frisson, mais là, j'avais surtout envie de vomir devant le psyché. Je ressemblais totalement au personnage que j'incarnais bien souvent, celui de la petite fille modèle, riche et pourrie-gâtée. Je fuis le reflet comme si c'était un pestiféré et enlevai la robe comme si c'était de la lave.
J'hésitai pour la deuxième, au vu de ma traumatisante première expérience. Je me décidai finalement pour une sympathique robe aubergine, avec de discrètes dentelles noires au bout des manches. Je la soulevai du lit, la retournai, l'examinai et mes yeux tombèrent sur un détail fort incongru: les vêtement que portaient, il y a encore une demie-heure, mon sympathique hôte. Cette fois-ci, je ne réprimai pas mon frisson, hurlai mentalement au fou psychopathe et cinglé, fis une introspection et enfilai la robe aubergine. Elle m'allait bien. Précautionnement, je pris alors les habits de Hizu, sortis de la chambre, fonçai au salon, pris ma voix la plus midinette possible et dis:
«Alors, elle me va bien ? Je sais, il y a un miroir, mais je voulais votre.. heu ton avis ! Ce sont tes robes, après tout ? »
Je le laissai m'admirer, tournoyant sur moi-même comme une danseuse étoile. Mais son teint me dit d'arrêter la mascarade; il savait... Il répondit faiblement à ma question et ressera ses mains autour de son manteau. Negligement, comme si cela ne me gênait aucunement, alors qu'il en était tout autre, je badinai alors:
«Ha, au fait... Tu as oublié tes... vêtements dans la chambre... Les voici !
Je tendis les habits et rougis un peu. Il les pris précipitemment, visiblement fort gêné lui aussi. Enfin, ce n'était pas la première fois que je touchais des vêtements masculins... Et je m'étais déjà vêtu dans ce 'style', mais...
Soit il est nu, soit... il porte une robe...
Je ne savais ce que je préférais, franchement. Mais un morceau bleu clair répondit à mon interogation . Je pris une grande inspiration.
«Mais toi, montres-moi donc la tienne ! Voir si elle te va aussi ! Comme ça, on fera la paire, hihi !»
Et je tirai sur la fourrure lourde de l'hermine. Il s'y cramponna un peu, sans doute par reflexe. Un bruit de déchirure mit fin au combat muet qui se jouait entre nous et le manteau, tel le rideau qu'il était, tomba.
C'était une robe courte bleu clair, avec quelques dentelles d'un blanc très candide sur cette couleur de ciel ensoleillé. La première idée qui me vint fut celle d'Alice in Wonderland; la robe évoquait vraiment la petite blonde ingénue de Lewis Caroll, et même Hizu avait des airs d'Alice dans cet habit.
Je rougis. Il était scandaleusement 'mignon' dans cette robe ! En taille réduite, il aurait une place parfaite à côté de ses étranges amies de cire au corps de chiffon. Je le complimentai maladroitement, mais cela sortait vraiment du coeur. Qu'il soit seul ne m'interrogeait plus, mais cela m'arrangeait maintenant: je ne tenais pas un à partager une telle... 'chose'... si ma présence en ce monde sous forme d'un démon était une étrangeté incongrue, alors assurement, son incarnation en homme était une grossière erreur ! Il avait toute le grâce, toute la délicatesse, ce je-ne-sais-quoi qui fait une vraie "young Lady" anglaise... Un aura de beauté candide l'entourait, comme l'idée que l'on se fait des princesses de conte bleu.
Moi, j'aimais à me travestir en homme, car ils ont bien plus de droits que leurs homologues... Lui aimait à porter des robes, et brusquement, je rougis de ma tendance à refouler ma féminité avec tant de ténacité. Je le scrutais avec.. presque de la jalousie, mais surtout de la fièreté, le genre quand on voit sa meilleure amie resplendir à ses côtés.
Mes yeux se fatiguèrent tout de même de regarder le magnifique tissu et le port noblement féminin de mon hôte, pour remonter vers le gracieux visage, qui collait sûrement avec le reste du tableau. C'est là qu'il découvrirent un détail: dans sa gêne, Hizu avait totalement oublié sa précieuse mèche... Son oeil impie était visible. Je blêmis soudainement, ce qu'il ne manqua pas de remarquer. Je marmonnai:
«On... On voit ton oeil...
Com...comment tu t'es fait ça ?
»

{oui, je prévois un peu les actions de Hizu, mais si ça plaît pas, je suis prête à changer ! Et ça reste assez dans le contexte ! }
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MessageSujet: Re: Le chirurgien des songes.   Dim 17 Avr - 0:07

Je fît les cents pas dans le salon, les longs pans de fourrure blanche caressant le sol à chaque pas. J’enchaînais les erreurs et les bizarreries… C’était pas bon du tout.
Elle avait beau sembler différente des autres, elle avais dû avoir peur à plusieurs reprises cette soirée… Oui, certainement qu’elle avait eu peur lorsque je l’avais prise dans les bras, certainement qu’elle avait eu peur quand je lui avais proposé d’emménager et quand elle avait dû remarquer la pile de vêtements à cotés des robes… Que devait-elle penser? Que j’étais nu sous cette étoffe si douce? Que j’attendait qu’elle s’endorme, ou…?

Je ne put m’empêcher de rougir et de me sentir mal à l’aise à cette pensée.

La nuit allait tomber. Quelle journée mouvementée! J’aurais sûrement les idées un peu plus clair demain… Je me mis alors à réfléchir à diverses idées de petits déjeuner. Digne d’une Duchesse des ténèbres, d’une princesse des rues, digne de l’héritière du chirurgien des songes…

Je me demandai si elle accepterais ma thérapie… Si elle aurait été d’accord que je la psychanalyse, à l’avenir… Parce que depuis que j’étais mort une première fois, je m’étais découvert cette nouvelle passion: la conscience humaine.
Cette chose si prévisible et malléable pour peu que l’on sache et ose la manipuler.

Aucun lit n’était fait pour Sally.

Pourquoi est-ce que je pensais à son lit en pensant de manipulation? Stop, Hizu, stop. C’est une jeune adolescente et tu es… tu es… un jeune, très jeune adulte.
A défaut d’eau fraîche, je me tapotais les joues. Voilà qui me remettra les idées en place…
Puis des pas légers arrivèrent rapidement en direction du salon. Sally revenait. Elle avait sûrement trouvé une robe à son goûts. Du moins je l’espérais…

«Alors, elle me va bien ? Je sais, il y a un miroir, mais je voulais votre.. heu ton avis ! Ce sont tes robes, après tout ?
Elle fit un petit tour sur elle-même, en faisant danser autour d’elle la dentelle de la robe violette foncé. Elle en avait choisi une simple, et sans trop de fioriture. Elle lui allait bien, et mettait en valeur ses formes naissantes.

- Hmm… Oui, en effet, tu es ravissante dedans… »
Je voulu rajouter: « Mais tu es un peu… pâle, ça va aller? » Mais elle poursuivi déjà sa phrase.

«Ha, au fait... Tu as oublié tes... vêtements dans la chambre... Les voici !
Elle rougi un peu. La pauvre… Tout ceci devait la mettre très mal à l’aise…

- Ah, oui… Heu… »

Je repris ma pile de vêtements. Tout était là :
Mon pantalon à carreaux, ma chemise, mes bretelles, ma veste en velours…
Qu’est-ce que je pouvais répondre à ça? oui, je me suis dessapé juste avant que tu arrives, mais je ne te veux aucun mal. Ah. Ah. Très drôle.

- Je suis désolé, hem… ça n’arrivera pl…

«Mais toi, montres-moi donc la tienne ! Voir si elle te va aussi ! Comme ça, on fera la paire, hihi !»
Elle se dirigea vers moi, et cramponna mon long manteau d’hermine.
Pensait-t’elle que j’étais nu en dessous? Si c’était le cas, que voulait-elle me faire?
Elle tira encore dessus. J’avais peur, elle ne devait pas voir, elle était trop parfaite et trop innocente pour ce genre de bizarrerie. Mais sous la surprise, elle l’emporta, et le manteau tomba, dans un bruit de froissement et de rideau qui tombe lourdement.
Elle vit la robe, ma robe bleu et courte. Mon androgynie dévoilée au grand jour, bravo. Qu’allait-elle penser? Il serait maintenant difficile de lui affirmer que j’aimais être un homme.
Oui, car j’aimais le fait d’être né en temps qu’homme, mais j’aimais l’être à ma manière. J’aimais surprendre, j’aimais parfois choquer ou faire rougir. Mais là… Elle devait être si jeune. Je pense que j’avais un peu honte. Elle rougissait encore un peu, puis me complimenta en souriant.
Alors mes joues s’empourprèrent elles aussi. Que répondre? Je fit un pas en arrière, chancelant. Je ne m’était jamais senti aussi gêné depuis ce fâcheux épisode en France.

«On... On voit ton oeil...
Com...comment tu t'es fait ça ? »

Il fallait que ça arrive de toute manière, je le savais et elle devait également savoir pour comprendre.

« - Par où commencer… Je savais qu’il fallait que tu l’apprenne, dés que je t’ai vu, dés que je t’ai porté dans les bras, l’autre moi savais que j’éprouverais le besoin d’être compris… Car je t’ai choisie pour être l’héritière du Chirurgien Des Songes… »

Je marquais une pause. J’étais en train de m’éloigner du sujet.

« - Contrairement aux apparences, je vois encore de mon œil. Ou du moins, je vois de nouveau, car il est mort, et à revécu… Tout comme moi. »

Je baissai la tête, de peur de voir sa réaction.

« - Mais que dirais-tu de poursuivre la discussion … Dans le salon, par exemple? »
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MessageSujet: Re: Le chirurgien des songes.   Mer 20 Avr - 21:30

« Par où commencer… Je savais qu’il fallait que tu l’apprennes, dès que je t’ai vu, dès que je t’ai porté dans les bras, l’autre moi savait que j’éprouverais le besoin d’être compris… Car je t’ai choisie pour être l’héritière du Chirurgien Des Songes…
Hizu marqua une pause dans son explication. Cet oeil... blanc... Ce... J'étais très très mal-à-l'aise. Cela n'avait rien de... naturel !
Tout comme ton existence, Darling !
en tout cas, mon intuition bizarre s'était révélé juste, pour une fois: il n'était pas comme n'importe quel humain ! il n'était peut-être même pas humain !
Non, là c'est sûr qu'il est comme moi... Une âme perdue au fond du gouffre de la différence !
J'eus de la peine pour lui; je savais ce que ça faisait d'avoir à toujours cacher sa différence aux yeux de ses créatures imparfaites qui osent se dire les maîtres de l'univers du vivant ! Leur être supérieur, pouvoir les briser d'une pichenette, mais devoir plier l'échine devant eux... après, comment s'étonner d'être bizarre et de faire des trucs comme porter des robes ou collectionner les poupées ? Ou se donner des noms mystérieux, comme le Chirugien des Songes...
Oui, tiens... J'avais à peine remarqué, mais... il avait employé ce terme pour se désigner, vu que c'était sensé être moi l'héritère en question !
"Chirurgien" ? Va-t-il me charcuter ? "des Songes" ? Pourrait-il modifier à loisir les rêves ? Interessant pour mes cauchemards...
« Contrairement aux apparences, je vois encore de mon œil. Ou du moins, je vois de nouveau, car il est mort, et à revécu… Tout comme moi.»
Quelle poésie ! Quelle lyrisme ! mais je comprends rien à son histoire, là !
J'essayai de décortiquer ses propos absconds. Déjà, il avait deux yeux parfaitement valides, mais comme certains contractants qui ont le sceau sur l'iris, il en cache un... Mais lui n'avait rien qui ressemblait à la moindre marque de Contrat !
Si je comprends bien,son oeil s'est crevé, mais il a retrouvé la vue... Strange eye !
J'étais vraiment perplexe, là. Je le regardai pour essayer de décoder cet étrange message, mais il avait baissé la tête. Ce qui m'étonna encore un peu plus: je pensais qu'au contraire, il allait chercher à voir si j'avais reçu le message derrière ses jolies paroles !
Et si c'était la pure vérité, toute simple ? Si c'était... un mort-vivant ?
L'image d'un cadavre en train de se 'réveiller' me vint en tête. Je pâlis un peu, bien que je sache qu'un être humain ne puisse pas mourir puis ressuciter.
«Mais que dirais-tu de poursuivre la discussion … Dans le salon, par exemple?
Je hochai la tête et le suivis, de peur de me perdre. Le salon n'avait pas changé depuis la dernière fois. Toujours la table, les poupées, et le service en porcelaine. Hizu semblait chercher les mots adéquats, pour ne pas me choquer plus encore.
Gentille attention, après tout ce que j'ai vu aujourd'hui...
C'était vrai que la journée avait été mouvementé... J'allais bien dormir cette nuit...
Mais où ? Zut... Je ne vais quand même pas dormir... avec lui ?
Hizu commença à prendre la parole, mais je l'interrompis et lui posai cette question qui me brûlait les lèvres.{Ou elle va dormir} Il semblait embarassé par la réponse. Je tentai alors le tout pour le tout, sur un coup de tête:
Et t'inquiètes pour ton oeil ! Moi, mes pupilles deviennent verticales quand je m'énerve, alors...
Il m'interroga du regard; enfin il me semble...
Parce que je suis un démon...
Et toi, t'es quoi exactement ?

Je lui fis un grand sourire qui cachait maladroitement ma trouille abominable: et s'il n'était qu'un humain , après tout ?
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MessageSujet: Re: Le chirurgien des songes.   Jeu 28 Avr - 17:43

Je la conduit donc dans le salon, où je la fît asseoir sur un fauteuil, en faisant de même, m’installant sur celui d’en face, les jambes croisées et la main posé sur l’accoudoir.
« - Hmm… Et bien… Je ne sais pas trop par quoi commencer. Alors en fait… Ce qui s’est passé, c’est qu’il y a maintenant un an… Et bien… »

J’allais partir dans un longs récits de mes sombres aventures, quand elle eu la bonté de m’interrompre.

- Ah ..? Tu dormiras… Dans mon lit. » dis-je avec un air que je n’avais pas pris depuis longtemps. L’air que prendrait quelqu'un de plutôt sur-de-sois. Accompagnez cet air d’un sourire digne du cheshire cat, et vous avez là un parfait portrait de psychopathe-pervers.
Gros blanc.
- Oui, tu peux emprunter ma chambre ce soir, je dormirais sur une des banquettes de mon atelier. »
Je ne savais pas si elle avait réellement pris ça à la rigolade, car au fond il y avait de quoi avoir peur, mais en tout cas j’étais content de ma « blague ». Elle aurait dû voir sa tête!
« - Ouais, bon… C’était pas très drôle… Je suis ni très doué pour les blagues ni…. (ni pour les avances apparemment…*SBAFF*)
-


-Et t'inquiètes pour ton oeil ! Moi, mes pupilles deviennent verticales quand je m'énerve, alors...
- Uh ?
Elle avait bien dit..? Était-elle sérieuse quand elle disait qu'elle était un démon?
- J’en conclu que tu est vraiment… Comme moi? Enfin presque, toi tu es un démon et moi… »
Comment lui expliquer l’abomination vivante que j’étais? J’étais le nouveau croquemitaine du quartier, celui qui faisait peur aux enfants et dont les gens parlaient de plus en plus en mauvaise langue.

"- Comme je te l'ai dit, je suis Hizu Letter, et je suis... Un ange.
Ma gorge se serra à ces mots. Un ange... C'était invraisemblable, même moi je n'y avais pas crû. Quel était ces grandes ailes maculée de sang et de chaire dans mon dos? étaient-elles réelles? étaient-elles illusions? Ou bien est-ce que la mort nos fait tous perdre les pédales à ce point? était-ce parce que Zero m'avait embrassé juste avant ma mort que j'en était devenu un? Ou est-ce que tout les gens qui ne sont pas enterrés deviennent des ange ou des démon après leur mort? Je ne connaissais en fait pas grands chose de mon nouvel état.

"- Oui un ange... Mais ne suis-je pas d'abord un Monstre? Tu vois, je ne connais rien aux anges en fait, avant d'en être un, je n'y croyais pas, et aujourd'hui encore, je ne crois pas en moi...

J'eus un petit rire nerveux.

- Donc voilà, tu avais visé juste, en fin de compte, Sally… Peut-être qu’un jour, tu pourras voir mes ailes…

- Hm, et sinon… Tu veux que je te montre ta chambre pour cette nuit?
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MessageSujet: Re: Le chirurgien des songes.   Ven 29 Avr - 23:49

Hizu fit une tête indescriptible, mais pas celle que je redoutais tant. Du soulagement se mêlait à de la surprise et... un peu de douleur de sa propre vérité... J'avais tapé juste, encore une fois ! Mais ça m'attristais aussi; une autre créature en souffrance, comme moi...
« J’en conclus que tu es vraiment… comme moi ? Enfin presque, toi tu es un démon et moi…»
Sur ces mots, il fit une petite pause, sans doute pour regrouper se idées.
J'ai un don pour faire chambouler les esprits, moi !
Je l'encourageai du regard à continuer cette si pénible phrase; j'avais fait le premier pas après tout, encore une fois ! A lui de suivre le sillon que je lui avais tracé...
Tout va enfin être clair entre nous...
J'espère au moins que ce n'est pas un Shinigami déchu ! Encore pire qu'un Shinigami, un Shinigami cloitré à une existence humaine !

«Comme je te l'ai dit, je suis Hizu Letter, et je suis... Un ange. »
La nouvelle me tomba sur la tête comme un couperet.
Un Ange. Devant moi. Que... Je fais quoi ?! Zut ! Je suis un démon, quoi ! Je suis sensée le haïr ? Essayer de le tuer ? Ou me réjouir d'avoir trouvé un pote ailé ?
«Oui un ange... Mais ne suis-je pas d'abord un Monstre ? Tu vois, je ne connais rien aux anges en fait, avant d'en être un, je n'y croyais pas, et aujourd'hui encore, je ne crois pas en moi...»
J'eus un sourire mi-gêné, mi-nerveux, tandis que lui-même tentait de faire passer l'ambiance qui s'apesantait de secondes en secondes par un rire très nerveux. On était vraiment sur le même tempo.
«Donc voilà, tu avais visé juste, en fin de compte, Sally… Peut-être qu’un jour, tu pourras voir mes ailes… »
J'eus de nouveau un petit sourire, provoqué surtout par la gêne, mais aussi par l'amusement
Ca sonne comme une propositon tendancieuse, ce truc ! "Voir mes ailes"... On dirait une métaphore pour autre chose ! Mais pas de risque...
«Hum, et sinon… Tu veux que je te montre ta chambre pour cette nuit ?»
Soulagée de détourner totalement la conversation, je hochais la caboche avec un large sourire. Il ouvrit donc la marche vers la pièce luxueuse, comme toutes les autres, en fait...
Mais toi, alors ? Tu vas dormir où ? Ca me gêne de te virer de ta chambre comme ça...»
Prenez un air innocent à la limite de la niaiserie, une voix de jeune fille candide, et un soupçon de pensées typiques de moi, et vous aurez le truc. Parce que la suite de cette jolie tirade était prévisible entre mille, enfin pour quelqu'un qui me connait un minimum, comme moi...
«J'ai déjà dormi avec des hommes... A moins que tu ne caches une autre fantaisie, tu n'as rien à camoufler que je ne connaisse déjà... Pour reprendre ta jolie blague, en fait je m'en fiche ! »
J'aurais pu rougir de sortir ça tout à trac, mais pourquoi après tout ? Maintenant que ma nature infernale était dévoilée, pourquoi jouer les puritaines ? Je suis un démon, j'ai jamais l'esprit à sa place... Et il va falloir qu'il s'habitue ! Bien que ce ne soit qu'une blagounette, d'ailleurs... Histoire de voir sa tête... Qu'il avait d'une rare drôlerie !
Je fis un gentil sourire, et il comprit que je rigolais, tout comme lui.
«Enfin, c'est comme tu veux...
Juste histoire de clore et troubler l'effet comique... Au cas où...
Et ça dort pas des masses, un démon ! Une nuit blanche, c'est pas extraordinaire pour moi... Je te le dis maintenant... Ca me blesse un peu de te mentir et te faire croire que j'ai besoin d'une chambre absolument... J'ai pas envie que tu t'esquintes le dos à cause de moi, quoi ! Une chambre pour moi, ça ne sert pas vraiment pour dormir, d'habitude... Hihi !
Et si ça te tentes... Pour je sais pas quoi... Je dormirai pas !

Sally... Arrêtes tes commentaires douteux... Tu vas le faire flipper, là !
j'avais encore exagéré. Beaucoup trop exagéré. Je me mordis la lèvre et attendis une réaction du genre "Bon, c'était cool de se connaître, mais finalement, tu vas pouvoir te balader cette nuit dans Londres ! Et si ça pouvait durer trèèès longtemps ta balade...", mais il ne fit rien. L'ambiance redevint vite pesante. Cette fois, c'était à cause de moi, encore. Je fis un grand sourire, me mit à penser que j'allais franchement passser pour une cruche à sourire au moindre blanc gênant, et dit d'un ton amusé:
«Génial ! Deux boulets psychologiquement torturés par la vie se sont rencontrés ! La prochaine fois, c'est à toi de faire un gros blanc super gênant !
Pitoyable. Et j'espérais vraiment faire passer mes idioties en plaisantant stupidement sur notre gaucherie mutuelle ? Apparemment oui... Pour couper court à cette succession de passages affligeants, je décidai de sortir dehors en prétextant une excuse minable.
«Mais n'espère pas ! Je reviendrais... je vais juste m'aérer pour arrêter d'enchainer les conneries dès que j'ouvre la bouche... A tout à l'heure, donc !»
Surtout pour me calmer un peu... D'habitude à cette heure-là, je gagne déjà quelques piécettes dans une chambre d'auberge infâme... Ou je pars à la chase au chien si j'ai faim...
je refermai la porte de la résidence après l'avoir embrassé sur la joue au passage et fis quelques pas... Et me rendis compte que j'avais oublié mon manteau. Et que je l'avais embrassé sur la joue. Les miennes devinrent rouges comme des tomates.
Boulet... Je fais quoi ?!
Finalement, j'entrepris de continuer ma promenade l'air de rien. Oui, beaucoup de jeunes filles se baladent la nuit avec une robe toute neuve et aucun manteau... Le premier éternuement ne me fit rien. Le deuxième non plus. Le cinquième m'indiqua que j'avais fait le tour du quartier, car je glissai sur une pierre et percutai la porte d'Hizu de plein fouet. Comique, si cela n'avait pas été si lamentable ! Assommée, je me relevai en vitesse et partis en courant avant qu'il ait l'idée de regarder son seuil et voir sa petite nouvelle protégée perverse à moitié sonnée de sa rencontre fracassante avec la porte. Je repris mon chemin et m'éloignai un peu de West End. Je grimpai sur un toit et commençai à admirer le ciel étoilé au-dessus de moi.
Que c'est beau...
Bientôt, l'ambiance nocturne me grisa et j'en oubliai l'autre, pesante, qui m'attendait dans mon nouveau chez-moi. Mon corps retrouva instantanément ses réflexes vifs et son agilité sauvage. Je sautai de toits en toits, agrippai une cheminée, une gouttière, un rebord de façade. Et la nuit fit place au jour sans que je m'en rende vraiment compte.
La lumière naissante du soleil m'éblouit tandis que le ciel se couvrait d'orange. Je clignai des yeux puis baissai la tête. Mes yeux se posèrent sur le tissu que je portais.
Où j'ai encore été la pêcher, celle-là ? Cette robe ne me dit rien... Et j'ai froid...
Je frissonnai, comme pour confirmer mes dires. J'entrepris alors de refermer le col de mon manteau sur mon cou, car c'est toujours un endroit où on peut vite attraper froid.
Heureusement que mon manteau a un col... Mon manteau que je n'ai pas sur moi, de toute évidence...
Je blêmis. J'avais juste une robe. Je n'avais même pas mon sac, celui que je ne laissais jamais... Mais comment cela pouvait être possible ... Un éclair de mémoire me froudroya brusquement.
HIZU... !
Je pâlis. Dans ma fièvre, je l'avais complètement oublié, de ma rencontre jusquà sa simple existence. je bondis jusqu'à la résidence, car heureusement, le souvenir de son emplacement était réapparu dès les premiers batiments de West End... Je retrouvai les rues que j'avais traversées dans ses bras en rougissant, grognai en découvrant la pierre traitresse qui m'avait fait trébucher la veille et toquai à la porte. Stupidement. Comme si j'avais disparu quelques minutes, le temps de faire le tour du quartier ou acheter du pain. Pas toute la nuit, éclipsée à sautiller de faîtes en faîtes...
Zut... Je dis quoi, là ? "Désolée, j'ai zappé l'heure" ? "Je voulais revenir dans un quart d'heure, mais j'ai trouvé un toit, j'ai pas pu m'empêcher de grimper dessus et je t'ai oublié" ? Ou "Salut, ça va ce matin ?", comme si tout ça était normal... "Ho ho, j'ai oublié de te prendre des croissants, Darling, désolée.."
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Le chirurgien des songes.

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