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 ~I'm singing in the rain~ Pv with Stanley

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~La faucheuse des Poètes~
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MessageSujet: ~I'm singing in the rain~ Pv with Stanley   Lun 4 Oct - 21:36

    L'automne est une saison qui peut paraître bien morne à Londres, loin de la campagne et de ses couleurs enchanteresses. La grisaille et l'humidité des mauvais jours annoncent l'inéluctable hiver. Lentement, mais sûrement tous ces humains se préparent aux temps rude. Les vitrines affichent fourrures, manteaux, pulls et bien d'autres vêtements chauds qui malheureusement ne trouveront pas tous un propriétaire. Tout est si cher dans ce bas-monde. Hélas, pour les miséreux qui n'auront pas la chance de couvrir leurs faibles épaules et leurs corps tous tremblants. Beaucoup mourront de froid et nous autres shinigamis faucheront leurs âmes. Du travail en perspective qui ne me réjouit guère malgré le fait que l'on m'accorde le bénéfice de trancher le lien de souvenirs de ceux qui me plaisent. L'idée de voir mes semblables plus nombreux et loin de me dérider, au contraire cela me donne envie d'hurler car je n'aime pas qu'ils viennent chasser sur mon territoire. Par principe, ils le font toujours. Les seuls qui respectent sont ceux qui demeurent ici toute l'année, dans cette capitale brumeuse, au coeur de la perfide Albion.

    Mais à quoi bon que je rumine encore, il faut croire que depuis quelques temps, je suis bonne qu'à faire cela. Déprimer. Mes sombres humeurs ne parviennent toutefois pas à faire fuir les clients qui viennent dans ma boutique uniquement pour trouver un abri temporaire pour la pluie. Clients... Peut-on réellement nommer ses visiteurs de passages qui n'achètent rien ainsi ? Non certainement pas. Ils sont comme les pique-assiettes, ils n'ont pas peur de s'inviter.

    Je pense que je devrais leur jouer un bon tour même-si bien sûr cela ne sera guère charitable pour mes habitués. Fermer boutique, là tout de suite maintenant et fuir au loin ce lieu qu'est ma maison, mais qui me rend claustrophobe.

    Je veux respirer l'air du dehors, laisser mes cheveux dorés à la merci des flots rageurs, sachant parfaitement que je serais incapable d'attraper le moindre rhume ou pneumonie qui pourrait me clouer au lit.

    Nouant mes cheveux en un chignon savant, j'enfile par principe une longue cape de couleur beige et sort du placard mon parapluie dans le même ton que ce vêtement ainsi qu'une paire de bottes. Je me juge dans une glace et soupire de satisfaction. Je suis suffisamment paré pour affronter Dame nature et son violent chagrin, ainsi que le regard des humains qui n'auraient pas manqué de me prendre pour une folle si je n'avais pas été ainsi âpreté.

    Heureusement pour moi, les clients ne font pas de difficulté pour sortir même si nombreux sont ceux à râler. Mon expression a du suffisamment être parlante pour qu'ils se plient à mon caprice.

    Je retourne l'écriteau "open" pour "closed" puis ferme ma porte.

    Dehors, c'est le chaos, un combat perpétuel entre les cochers et les passants victimes des flaques d'eaux soulevaient par les roues lancées à toute vitesse sur les pavés.

    Ni d'Ève ni d'Adam, je me lance sur les trottoirs sans marquer l'ombre d'une hésitation. Les passants sont rare et je devine sans peine qu'ils sont allés se réfugier dans des cafés ou des bars pour se réchauffer. Je juge que l'idée n'est pas mauvaise en soi et que je peux très bien en faire autant en allant à un café cher à mon cœur. Qui sait ? Peut-être que je rencontrerais la perle rare parmi tous les habitués du « London coffee ».

    Courageusement, je continue mon chemin vers le lieu tant aimé. En entrant, je suis accueilli par le patron qui me salue avec son habituel bonhommie d'homme qui a tout ce qu'il veut et que cela lui suffit parfaitement. Son ton chaleureux et cordiale me redonne du baume au cœur.

    M'installant au comptoir, je lui commande un earl grey sans sucre.

    En attendant que mon thé soit prêt, je glisse un regard gourmand vers l'arrière-salle, espérant découvrir une nouvelle tête penchée sur du papier, en train de le gratter fébrilement avec son stylo...

×××××××××××××××××××××

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Le temps est au début et à la fin de chaque vie humaine, et chaque homme a son temps, son temps différent.
[Thomas Wolfe]
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MessageSujet: Re: ~I'm singing in the rain~ Pv with Stanley   Jeu 7 Oct - 15:30

    La pluie était un phénomène tout particulièrement passionnant. Savoir tout le chemin que faisait une goutte avant de venir s’écraser mollement contre la paroi rigide et froide qu’était la vitre d’une fenêtre, ou encore avant de tomber à vitesse croissante sur la route et d’aller rejoindre toutes ses amies glissant jusqu’au fond d’un caniveau, était quelque chose de vraiment savoureux. La vie d’une simple goutte d’eau était tellement plus animée –subissant sans cesse des tas de rebondissements– que pouvait l’être la vie de simples hommes, répétant sans cesse les mêmes mouvements, allant sans cesse vers les mêmes lieux, gardant leurs petites habitudes et suivant leur routine.
    Bien entendu, Stanley en faisait bel et bien partie. Mais lui se consolait en se perdant à travers des univers sortis tout droit de sa propre imagination, que lui seul pouvait contrôler mais qu’il s’amusait à découvrir en même temps que le personnage principal de ses récits. Avoir une trame, des événements importants et un début et une fin étaient fondamentaux pour faire une histoire. Mais pourquoi donc s’embêter à tout préparer précisément et sans laisser d’incertitudes alors qu’il était tellement plus plaisant d’inventer les plus petits détails au fur et à mesure. L’histoire n’en était que plus surprenante et c’est ce qui faisait la particularité du jeune homme : ne pas tout prévoir et savoir improviser en temps voulu tout en gardant une bonne logique.

    Mais la pluie battant contre la fenêtre était aujourd’hui l’élément qui occupait les pensées de notre écrivain. Il observait attentivement le chemin que prenait une goutte d’eau contre la vitre et s’amusait à imaginer tout ce qu’elle avait parcouru et vécu avant de le rejoindre à Londres.
    Que pouvait-il faire d’autre par un temps pareil ? Sortir aurait apporté bien plus d’inspiration à ce jeune homme qu’une simple maison qu’il connaissait bien et que de malheureuses petites perles d’eau. Il savait qu’il n’y avait personne dans les rues mais il pouvait très bien en rencontrer facilement dans des cafés ou des restaurants. Ou même peut-être dans des boutiques, qui sait. Et ce n’était pas la pluie qui aurait pu l’arrêter, même s’il pouvait risquer de tomber malade. Alors pourquoi donc n’était-il pas déjà dehors à flâner dans les rues de la capitale si chère à son cœur ?

    Stanley l’avait vu, quelques dizaines de minutes auparavant, au moment même où il comptait sortir. Un homme emmitouflé dans un long manteau noir et un chapeau haut de forme sur la tête. Il se tenait juste de l’autre côté de la rue, face à sa maison, et attendait malgré la pluie, adossé contre un mur. Que diantre faisait-il ici ? Et qui était cet homme ? Telles étaient les questions que s’était posé le jeune homme avant que son esprit ne soit obnubilé par ces minuscules larmes coulant sur la vitre. Mais avec tout ce temps où l’inconnu s’était tenu ainsi, il n’y avait presque plus de doute possible : l’homme le surveillait ; il attendait sa sortie. Pourquoi donc ? Encore une question dont la réponse lui était obscure. Mais le jeune écrivain avait tout de suite eu la puce à l’oreille, avec ce comportement et cet accoutrement suspect. S’il était arrivé quelques minutes plus tard, Stanley aurait été déjà bien loin, marchant en se moquant de la pluie et se rendant vers une destination inconnue de tous et même de lui. Mais son installation contre le mur d’en face avait changé ses plans ; son instinct lui avait dicté de se méfier et de ne pas sortir tant que la voie ne serait pas complètement libre.
    Mais une chose était sûr : ce n’était pas un mercenaire. N’importe qui aurait trouvé son attitude louche. Il n’était décidément pas discret et était par conséquent loin d’être un professionnel. Il n’avait pas non plus pu avoir été envoyé par l’un d’entre eux. Alors dans ce cas, qui était-ce ?

    Soudain, l’homme bougea, attirant aussitôt le regard de Stanley. Ce dernier le vit regarder sa montre, puis s’éloigner en remontant la rue. Une telle action après un tel moment d’attente était vraiment surprenant. Etait-ce un piège ou bien s’était-il trompé sur son compte ? Après tout, peut-être qu’il devait retrouver quelqu’un dans cette rue et qu’on lui avait posé un lapin.
    Non loin de s’attarder sur la possibilité d’un piège, le jeune homme sauta sur l’occasion. C’était l’heure de partir et de continuer sa visite de la ville. Il enfila rapidement un long manteau brun et déposa délicatement son précieux chapeau sur sa masse de cheveux blonds, avant d’attraper sa canne et son sac. Il sortit alors sans même prendre la peine de se saisir d’un parapluie et referma la porte derrière lui.

    Stanley fut accueilli par la pluie gelée, battant contre son visage encore imprégné de la chaleur intérieure. L’ignorant, il plissa les yeux pour regarder dans la rue si l’homme était là, la main gauche étroitement serrée sur sa canne en cas de besoin. Mais il n’y avait rien, elle était complètement déserte. Il avait vraiment du se faire des idées pour rien, il devenait bien trop méfiant. Décidant d’oublier définitivement cette histoire, il entama alors sa route à travers les avenues et ruelles de Londres pour lui seul savait combien de temps.

    Il avait beau faire sombre à cause des épais nuages noirs obscurcissant le ciel, les rues avaient beau être désertes, un tel environnement chargé de tons gris avait beau avoir quelque chose de déprimant, l’écrivain rayonnait. Il était vraiment heureux de pouvoir enfin sortir de chez lui, n’aimant pas rester cloîtré trop longtemps dans un même endroit et préférant partir à la découverte de lieux inconnus ou mal connus. Un immense sourire était désormais affiché sur son visage et il se mouvait d’une démarche sautillante, ses foulées et sa canne martelant le sol trempé à un rythme irrégulier.

    Ses pas le conduisirent dans les rues marchandes du South End et plus particulièrement au niveau des alentours d’Oxford Street. Cet endroit était déjà bien plus vivant que celui qu’il avait quitté. Par endroits, des gens se précipitaient, soit dans des boutiques et cafés, soit dans des carrosses censés les reconduire chez eux ou à une quelconque autre destination. Mais Stanley ne se préoccupa pas davantage de ces détails et s’intéressa à tout autre chose : il redécouvrit la rue sous le déluge.
    Il apprécia tout particulièrement les faibles lumières des boutiques filtrant à travers les vitres et la pluie, les vitrines joliment décorées et martelées par toute l’eau que déversait le ciel sur la ville. Tout cela était certes bien moins attrayant que sous le soleil ou lorsqu’il ne pleuvait pas, mais ces lueurs aux teintes chaudes avaient quelque chose de réconfortant et d’agréable, réchauffant à sa manière les personnes qui se trouvaient à l’extérieur, dans le froid.
    C’est en inspectant la rue attentivement, ignorant l’eau qui coulait du bord de son chapeau et dégoulinait sur son manteau, qu’il l’aperçut. Un café à la devanture absolument charmante : le « London Coffee ». Un coup d’œil à l’intérieur lui indiqua qu’il y avait plein de monde. C’était l’endroit parfait pour se mettre au sec tout en continuant à apprendre des choses sur la ville, les modes de vie et autres éléments qui pourraient être susceptibles de lui servir dans l’un de ses romans futurs.
    Sans attendre davantage, Stanley enleva son chapeau le temps d’en faire couler l’eau qui s’était coincée sur le bord, avant de le reposer sur sa tête et d’entrer se mettre au sec.

    Il fut reçu par un brouhaha animé. Partout, les gens étaient en pleine conversation, tantôt poussant des exclamations, tantôt parlant à voix basse. Le café était plutôt bien rempli, chose peu étonnante aux vues du temps qu’il faisait. La pluie les avait tous forcé à rentrer s’abriter et à patienter le temps que les éléments se calment.
    L’auteur ôta son manteau et l’accrocha sur le portemanteau de l’entrée pour le mettre à sécher, mais il garda son chapeau posé sur sa tête. Même s’il était également bien trempé, il n’aimait pas le retirer tant qu’il ne se trouvait pas entièrement seul.
    Puis, il commença à s’intéresser à la disposition de l’intérieure. Un bar se trouvait face à lui, derrière lequel le patron préparait les commandes des uns et des autres. De nombreuses personnes s’étaient installées au comptoir et discutaient entre elles ou sirotaient leur thé en le savourant. Sur sa droite, il y avait une zone remplie de petites tables et de chaises où l’on pouvait se retrouver un peu plus au calme.

    Le jeune homme partit s’asseoir à l’une des nombreuses tables de l’arrière boutique, saluant tous ceux qu’il croisait sur son chemin. Une fois installé, il commanda un Assam Tea, souhaitant découvrir les saveurs de ce thé d’origine indienne.
    Puis, il s’empressa de sortir de son sac un petit cahier dans lequel il avait pris l’habitude de noter tout et n’importe quoi, que ce soient des descriptions de ce qu’il avait vu et vécu, ou ses ressentis face à toutes ces choses. Ou encore des univers ou personnages qu’il créait soudainement. Il y transcrivait vraiment tout ce qui pouvait lui passer par la tête et ne lui était utile pour aucun de ses romans en cours.
    Il souhaitait décrire Oxford Street sous la pluie tant qu’il avait encore bien en tête les différents éléments qui l’avaient charmés. Prenant son crayon, il commença à rédiger quelques lignes, se laissant porter par l’inspiration qui le gagnait.
    Il savait que lorsqu’il aurait fini, il se dépêcherait de se rendre au bar pour parler avec les uns et les autres. Mais pour le moment, un petit coin au calme pour prendre le temps d’écrire tout ce qu’il souhaitait n’était pas de refus.


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~La faucheuse des Poètes~
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MessageSujet: Re: ~I'm singing in the rain~ Pv with Stanley   Sam 23 Oct - 19:08

    Mon temps ne fut pas perdu à mon grand soulagement. Il y a dans ce café au moins trois cibles potentiellement intéressantes. Toutes d'âges différents : un vieillard, un homme d'âge mur et un jeune homme. Tout trois paraissent fort différents et pourtant dans leur attitude et leur fébrilité, je vois sur eux la marque de Calliope, la muse de l'inspiration. Ils semblent accaparé par leur tâche au point que je sens qu'ils planent littéralement dans leur monde imaginaire... L'excitation bourdonne en moi tel un essaim d'abeille convoitant le délicieux nectar d'une fleur. J'ai désespérément besoin de me nourrir d'eux, de leur écriture, de leurs mots, de leurs vers, de leur prose ainsi que de leur univers chimérique qui m'est, hélas inaccessible pour le moment.

    Je me dois de gagner leur cœur et leur amitié pour qu'un jour, leurs âmes soient miennes. Et voilà que je m'emporte, de nouveau gagné par cette enthousiasme que je n'avais pas connu depuis belle lurette. Il était temps, je commençais à entrevoir mon avenir de manière bien funeste. Je ne peux pas vivre sans ce qui fait de moi la faucheuse des poètes. Sans ces artistes créateurs, je ne suis rien. J'ai toujours pensé que la mort avait un lien étroit avec l'art tout comme elle était associée à l'agriculture. La forme de nos soul scythe était assez révélatrice à ce sujet. Vie et mort sont indissociables, quel bon moyen que la nature et l'agriculture pour symboliser la vie... Une vie que l'on finit par faucher lorsqu'elle arrive à maturation.

    Je suis un jardinier pour ne pas dire une jardinière, cultivant son jardin. Chaque jardin a le goût de celui qui l'entretient avec amour. Jolie métaphore qui n'est pas de moi, mais de mon grand-père qui curieusement était plus attaché aux humains que je ne le suis. C'est mon côté le plus sombre, je dois bien l'avouer. Il est rare que je viens en aide aux écrivains miséreux sans un intérêt pour eux. Ils sont mes proies et en même temps ils sont mes amis. Je me dois de gagner leur cœur et de leur offrir une chance d'exprimer leur talent.

    Mécène ? Muse ? Amante ? Confidente ? Ennemie ? Amie proche ? Marraine ? J'ai endossé bien des rôles depuis toutes ses années et je continuerai certainement à remplir d'autres. Peut-être seront-ils de nouveau les mêmes. Toutefois, une question demeure en suspens. Est-ce que je les ai réellement aimé ? Ou bien les ai-je considérés comme des outils ? Je suis monstrueuse et peu fière de l'être. Je dois l'admettre, je suis incapable de faire le tri avec mes sentiments et cela même si je le voulais.

    Leur bien-être a toujours servi mes intérêts et il en sera de même pour ces trois personnes que je viens de repérer. Enfin, il me reste tout de même à vérifier qu'ils correspondent bien à mon profil-type. Il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué.

    Une voix m'interpelle, c'est le patron. Il me tend avec la grâce qui sied d'ordinaire à un majordome stylé, le thé que je lui ai réclamé accompagné d'une tartelette à la fraise. Souriant de cette délicate intention, je m'apprête à payer le tout lorsqu'il me refuse l'argent de la tartelette.


    - Seulement le thé ma ptite dame, vous nous faites bien trop souvent des réductions pour les livres que ma femme achète pour nos fils.

    Je souris devant cette éloquence quelque peu grandiloquente. J'ai toujours pensé que l'argent était une chose qui ne méritait pas d'en faire grand cas. Ayant connu le troc, la monnaie me semble bien superficielle. Du métal et du papier en grande quantité, signifie richesse. Ceux qui en ont pas, ne peuvent ni se nourrir, ni se loger, ni même se vêtir.

    La logique de cette époque me semble bien absurde par moment, mais qui puis-je ? Les humains peuvent bien faire ce qui leur plaisent. Ce n'est pas un dieu de la mort, tel que moi qui irait les contredire.
    Il n'empêche que par delà les époques les hommes ont gardé cet aspect de leur personnalité proche de la pie. Tout ce qui brille, tout ce qui scintille attire immanquablement leur convoitise. L'or, l'argent, le cuivre, le bronze, les pierres précieuses, les perles... Ce qui vient de la nature, les hommes s'en empare pour se parer. Enfin, plus généralement les femmes. Peut-on leur en vouloir ? Non. Bien sûr que non. Les vêtements, les parures, le maquillage tout est bon pour séduire, plaire et se mettre en valeur. Tout paraît si factice et pourtant je dois l'avouer que je m'amuse comme une petite folle à adopter leurs mœurs, leurs modes. C'est comme un ballet... Un spectacle. Je joue un rôle, je me dissimule derrière un masque pour mieux me rapprocher d'eux. Pathétique.

    Je sirote mon thé, prend le temps de l'apprécier comme si celui-ci était un vin précieux pour un œnologue. J'en profite pour me réchauffer, me calmer et me détendre. Je me dois de composer un visage aimable et soucieux.

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MessageSujet: Re: ~I'm singing in the rain~ Pv with Stanley   Sam 20 Nov - 19:15

    Stanley était complètement plongé dans sa rédaction, ne se préoccupant même pas de tout ce qui pouvait se passer autour de lui. Les conversations des uns et des autres n’étaient que brouhaha lointain et étouffé, semblable à des murmures incompréhensibles venant de l’au-delà. Son esprit était bien trop captivé par ce qu’il écrivait, réfléchissant lorsque sa main arrêtait son mouvement fluide et continu. Les gestes qu’effectuaient tous ceux qui se trouvaient dans ce café londonien, il ne les voyait pas. Il ne s’agissait que de légers mouvements rendus flous car vus du coin de l’œil. Mais c’était comme s’ils n’avaient jamais existés pour le jeune homme : il gardait son regard fixé sur sa feuille blanche où apparaissaient des lettres noires au fur et à mesure que sa main la parcourait.
    Les mots lui vinrent à l’esprit avec une grande facilité, s’enchaînant dans sa tête avec une rapidité déconcertante. Les seuls moments où il détachait sa plume du papier, c’était pour réfléchir à une meilleure formulation ou pour relire ce qu’il avait écrit. Ne s’agissant de toute manière que de notes pour lui-même, il n’avait pas besoin de trop s’attarder sur la forme et le style et ne le faisait donc que pour sa propre satisfaction et pour rendre la relecture plus agréable.

    Cependant, quelque chose vint troubler sa concentration. Ce n’était pas très flagrant et ça ne restait que de l’ordre d’une sensation. Mais c’était suffisamment présent pour que l’écrivain en prenne conscience. Ce contact brûlant que l’on ressent parfois sur la nuque et qui nous donne la forte impression que quelqu’un nous observe. Il le connaissait bien, ce sentiment sournois et quasi imperceptible. Bien sûr, dans un endroit comme celui-ci, plein de monde et d’animation, il n’y avait rien de bien étonnant à ce que l’une des nombreuses personnes qui s’y trouvaient, goûtant à leur breuvage bien chaud, en vienne à poser son regard sur lui, récemment arrivé au café et visage encore inconnu pour les habitués.
    Ayant désormais perdu sa concentration, Stanley fut pris de l’envie de voir le visage de celui ou celle qui l’observait actuellement. Il leva alors ses yeux de la feuille recouverte d’encre et les posa sur l’intérieur du café, le parcourant au peigne fin pour tenter de croiser un regard. Mais il avait beau examiner le lieu comme il pouvait, il ne parvint pas à identifier la personne qu’il cherchait. Soit elle avait détourné le regard au moment même où il levait la tête –par hasard ou non– ; soit il s’était fait des idées, chose fort probable, puisque l’impression d’être observé avait complètement disparue.
    Le jeune homme regarda tout de même une dernière fois pour en avoir le cœur net et son regard se posa sur le serveur qui lui apportait sa commande. Il afficha alors un sourire amicale et remercia l’homme lorsqu’il déposa la tasse de thé sur la table. Puis il sortit son porte monnaie et s’empressa de payer la note. Il le suivit ensuite des yeux quand il regagna le bar, non sans conserver son sourire.
    Mais Stanley ne toucha pas immédiatement au doux nectar dont il ne connaissait pas encore les saveurs. Penchant à nouveau la tête sur le document, il reprit sa rédaction, souhaitant y mettre fin avant de goûter au thé étranger qu’il avait commandé.

    Lorsqu’il plaça le point final de son texte, l’écrivain poussa un soupire satisfait et s’étira, avant de ranger tout son matériel dans son sac. Ce n’est que quelques secondes plus tard qu’il se décida à poser son regard sur le liquide qui occupait la tasse. La liqueur était dotée d’une couleur rouge orangée de bonne tenue. Il se perdit un instant dans la contemplation de ce breuvage singulier avant de se décider à prendre la tasse de sa main gauche et de la porter à ses lèvres. Mais avant de boire, il huma le parfum que dégageait le thé. Une odeur relevée et maltée…
    Sans attendre davantage, le jeune homme expérimenta le liquide parfumé et lui découvrit un goût ferme mais moelleux, doté de riches notes épicées. C’était vraiment différent des thés qu’il prenait d’habitude, mais absolument fameux. Il commença à le savourer lentement.

    Mais avant d’en arriver à la moitié, Stanley se décida à rejoindre le bar pour entamer la conversation avec ceux qui s’y trouvaient. Un rapide coup d’œil en direction du comptoir lui indiqua qu’il y avait une place de libre, un homme venant tout juste de sortir du café. Ni une ni deux, il se leva et s’empressa de rejoindre la place vacante, ses deux mains tenant précautionneusement sa tasse de thé.
    Il s’y installa alors, saluant naturellement tous ceux qui s’y trouvaient et accompagnant l’inclination de sa tête avec un simple mot :

    « Bonjour ! »
    Posant son sac à terre, il entreprit ensuite de siroter à nouveau sa boisson, non sans tendre une oreille attentive et discrète aux conversations qui avaient lieues autour de lui, apprenant et retenant les informations qui pouvaient lui être utiles.


Dernière édition par Stanley Wretsky le Sam 29 Jan - 18:58, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: ~I'm singing in the rain~ Pv with Stanley   Lun 20 Déc - 17:31

    Les secondes s'écoulent sans que je les vois passer. Une seconde pour une éternité. Le monde extérieur me parvint comme un sourd bourdonnement. J'aime voler quelques secondes au temps pour me réfugier dans l'antre de mes pensées sans que celles-ci ne se fassent entendre. Cela ne durera pas longtemps. Je ne dois pas me laisser distraire par une simple tasse de thé et par l'arôme qui se dégage des vapeurs du liquide qu'elle contient. Pourtant, ce breuvage parfumé suffit à me rasséréner et à calmer mon anxiété. Une anxiété qui n'avait cessé de s'accroître au fil des jours. Soupirant brièvement, je me retrouve à contempler la pluie tambourine furieusement derrière chacune des fenêtres de ce café. Tout à coup, un violoniste grimpe sur la mini-scène et se met à jouer d'un air lancinant, une voix rejoint alors le violon pour entamer une chanson qui s'y prête à ce jour humide où bruissent les feuilles des arbres qui tombent inlassablement sur les trottoirs Londoniens.

    Si chétifs et si faibles, ils se préparent à l'hiver, puis ils pourront à nouveau se parer de leurs plus beaux atours quand reviendront les beaux jours... Un poème me vient alors à l'esprit...

    Il pleure dans mon cœur
    Comme il pleut sur la ville ;
    Quelle est cette langueur
    Qui pénètre mon cœur ?

    Ô bruit doux de la pluie
    Par terre et sur les toits !
    Pour un cœur qui s’ennuie
    Ô le chant de la pluie !

    Il pleure sans raison
    Dans ce cœur qui s’écœure.
    Quoi ! Nulle trahison ?...
    Ce deuil est sans raison.

    C’est bien la pire peine
    De ne savoir pourquoi
    Sans amour et sans haine
    Mon cœur a tant de peine !

    Verlaine.... Il lui restait combien d'années à vivre ? 7 ans, 8 ans... Je ne sais plus... Mais, ce jour viendra et je devrais me tenir prête... Il aura 44 ans cette année. Le temps passe si vite... Enfin, n'y pensons plus... Même si ses vers m'obsèdent, il ne m'échappera pas. Personne n'échappe à la mort...

    Je retourne donc à l'instant présent et j'observe à nouveau l'ambiance du lieu. Je constate que le jeune homme que j'avais repéré auparavant s'est installé devant le bar et semble prêter oreille au monde qui l'entoure. Si beau garçon... Je ne peux m'empêcher de le regarder, il semble être dans son élément. Je ne songe pas au fait qu'il puisse découvrir qu'une dame comme moi le dévore littéralement des yeux. Au fond ça n'a aucune importance ce qu'il peut penser de moi. Je m'adapterais, c'est ainsi depuis toujours. Je peux insister sur le fait que je crois que tout me plait chez lui, du moins d'un premier abord. Il reste tout de même à vérifier le talent qui me permettra de déterminer s'il est digne de mon intérêt total.

    Un bref soupir d'agacement contre moi-même me monte à la gorge. À quoi bon s'exciter comme ça ? Ce n'est qu'un humain après tout. Seulement, il a du charme, de très beaux yeux et de très beaux cheveux... Si dérisoire... Comme si le physique pouvait supplanter l'âme esquisse d'un poète. J'avoue que j'ai toujours été quelqu'un qui aime se contredire en énonçant des choses pour en dire que finalement, elles n'ont aucune importance.
    Le reflet que me renvoie ma tasse me fait sentir à quel point je suis pitoyable et même les compliments que l'on a pu faire sur ma beauté s'estompent comme un lointain regret. Si seulement je pouvais vieillir... Je sais que je perdrais un certain atout, mais au fond je pourrais véritablement me sentir humaine. Vivre auprès d'eux ne me suffit plus. Est-ce la tristesse d'avoir dû faucher des âmes qui m'étaient devenues si chère ? Je sais que c'est tout à fait paradoxale avec ce que je suis. Les dieux de la mort ne sont pas censés faire de sentimentalisme.
    Les humains sont comme des pions sur l'échiquier dont ils ignorent l'existence. Ils tombent, quand leur heure sonne. Ma main sur mon menton étouffe un second souffle de lassitude. « Cœur qui soupire, n'a pas ce qu'il désire » dit le dicton qui n'est pas loin de la réalité de ce que je peux ressentir en ce moment même...



[Je sais on avance pas bien, mais bon .. XD Tout en douceur. Je sais pas si ça va te plaire mon poste en toute honnêteté :/]

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MessageSujet: Re: ~I'm singing in the rain~ Pv with Stanley   Jeu 17 Fév - 20:24

    C’était incroyable ce que les femmes et les hommes pouvaient avoir comme sujets de conversation variés dans des lieux publics comme les cafés. Si certains parlaient de sujets sérieux, ayant trait à leur travail ou à des préoccupations censées, d’autres conversaient de sujets plus légers, partageant leur passion ou la faisant découvrir. Ou alors, ils se racontaient les derniers ragots de la ville, ces propos qui se diffusaient à une vitesse incroyable à travers la cité. Dites un jour quelque chose à votre voisin, que ce soit vrai ou faux, à partir du moment où c’est suffisamment surprenant ou important, soyez sûr que le bouche à oreille fera son effet et qu’en quelques jours, toute la ville ou presque serait au courant. Bien sûr, de nombreuses déformations agiront sur les phrases d’origines, parfois changeant même leur sens. C’est pourquoi c’était toujours très amusant d’entendre la rumeur à la fin de sa propagation après l’avoir soit même divulguée.
    Etrangement, c’était les femmes qui jouaient le plus grand rôle dans la transmission. Sans doute de par le fait que la plupart n’étaient que femmes au foyer et pouvaient aisément voir leurs amies et connaissances pendant que les hommes étaient au travail. Ceci, Stanley en avait la preuve au moment même. La femme assise à côté de lui ne cessait de raconter des qu’en-dira-t-on à ses deux amies, qui s’exclamaient et réagissaient face à ce que disait leur comparse. Leurs réactions amusaient beaucoup l’écrivain, qui les écoutait en silence le sourire aux lèvres, cherchant à savoir si leurs commérages étaient vrais ou faux.
    A son autre côté, un homme lisait le journal, se renseignant sur l’actualité de la ville d’un air particulièrement concentré. Rien qui ne pourrait être utile au jeune homme. C’est sans doute pour cela qu’il se focalisait sur cette discussion qui s’avérait être plus chargée d’absurdité que d’anecdotes véridiques.

    Une mélodie lancinante s’éleva alors dans les airs, parvenant aux oreilles de l’écrivain et attirant son attention, ainsi que son regard. Lentement, il tourna la tête en direction de l’arrière boutique et se concentra sur les musiciens. Le violoniste accomplissait son accompagnement avec brio, faisant bouger l’archet avec lenteur, les notes vibrant à leur rythme, exprimant toute la langueur du morceau. Une voix de baryton vint s’ajouter, s’accordant parfaitement avec le timbre de l’instrument accompagnateur et avec le caractère légèrement répétitif du chant. Par un tel temps, on pouvait dire que cette musique était parfaitement appropriée. Mais peut-être pas le meilleur choix pour remonter le moral de ceux qui n’appréciaient pas les jours de pluie diluvienne…
    Le jeune homme finit par détacher son regard du duo de musiciens, le posant à nouveau sur sa tasse de thé et se replongeant dans l’écoute des potins des femmes à sa droite. Lentement, il continua de boire son thé, profitant un maximum de ce parfum délicat tant qu’il en avait encore au fond de sa tasse.

    L’impression désagréable qu’il avait ressentie peu de temps auparavant revint, mais plus légère, ne troublant que légèrement Stanley. Il décida cette fois-ci de l’ignorer délibérément et s’amusa à observer avec quelle dextérité le patron remplissait les verres de liquides aux coloris divers et variés pour les apporter aux clients, ou encore avec quelle habitude il s’empressait de nettoyer les godets.

    Finissant par s’en lasser, il détacha ses yeux du comptoir et observa de sa place l’ensemble du café, mais surtout tous les gens qui s’y trouvaient. Il était très facile de séparer toutes ces personnes en deux groupes distincts. D’un côté, il y avait ces gens, venus entre amis, qui discutaient autour d’une table ou au comptoir, faisant parfois même participer le patron ou les serveurs à leur conversation. Et puis de l’autre, il y avait tous ces gens, penchés sur leur feuille ou leur journal, écrivant d’une main habituée ou lisant d’un air captivé. Et pourtant, une personne échappait à cette règle, n’appartenant à aucun de ces deux groupes. Une femme était installée au comptoir, un peu plus loin à sa gauche. Elle semblait perdue dans ses pensées, sans nulle autre compagnie que sa propre tasse de thé. L’écrivain la regarda un instant. Pourquoi une femme aussi jolie se trouvait-elle seule ainsi, assise au bar d’un café ?
    Pris d’un soudain élan, il se leva pour aller la rejoindre et tenter d’entamer la conversation avec elle. Ce serait toujours plus plaisant que d’écouter de simples rumeurs, et peut-être même cela égayerait-il la journée de la jeune demoiselle. Quand bien même elle refuserait, il voulait essayer. Après tout, il n’avait rien à perdre en essayant de l’aborder.
    Par chance, une place était libre à côté d’elle. Stanley s’y dirigea aussitôt, sans la moindre hésitation, et s’arrêta tout près du siège. Affichant un sourire amical, comme à son habitude, il lui demanda :


    « Bonjour Mademoiselle. J’ai remarqué que vous étiez seule… Cela vous dérangerait-il que je m’installe à côté de vous et que nous parlions ? »

    Des mots simples, ne cachant aucune arrière pensée. Telle était la façon dont il l’avait abordée. Sans doute aurait-il pu faire mieux… Mais peu lui importait. Il n’avait pas non plus de sujet de conversation en tête, mais il comptait sur l’improvisation pour en trouver un de convenable. Il resta alors immobile, attendant la réponse de l’inconnue pour prendre place ou partir finir sa tasse ailleurs…




[Et voilà, enfin je poste une réponse ! \o/ Désolée pour le retard x_X En espérant que ça te conviendra ^^"]
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MessageSujet: Re: ~I'm singing in the rain~ Pv with Stanley   Lun 28 Fév - 18:30

    Relevant la tête de ma tasse de thé, je constate non sans une certaine surprise que le jeune homme qui occupe mes pensées à pris les devants pour venir me tenir compagnie.

    De prêt, il me semble rayonnant avec pourtant quelque chose de sombre et indéfinissable. Quelque chose que bon nombre de poètes traînent derrière eux. Une ombre... Indéfinissable. Je soupire en me demandant à quoi peut bien ressembler ses écrits. Je dois donc saisir ma chance et sympathiser avec lui. Ça ne sera peut-être pas facile, mais le fait qu'il est pris les devants faisait que j'avais éveillé son intérêt. En bien comme en mal, il n' y avait aucune importance. Pour moi tout était relatif, voir bénéfique. Quoique je privilégiais la base des bonnes relations, sinon j'y perdais assurément mon compte. Une relation de confiance m'était nécessaire. Je ne demandais certes pas la lune et je m'étais toujours montré d'une honnêteté irréprochable. Rare ceux qui avaient ressenti ma véritable nature. J'avais été rejeté par certains plus sensible à ma nature. Une révulsion sans nom les secouer sans pour autant qu'ils puissent nommer la sensation. Ah que cela avait été douloureux. Cet obscur besoin d'être aimé et d'aimer en retour m'avait souvent frôlé le cœur sans que je puisse le mettre à profit. La réalité était là, j'étais incapable de sentiments amoureux ou amicaux sincères. Je pouvais faire comme si.
    Je n'éprouvais rien pour mes semblables, j'étais comme indifférente. C'est peut-être dû au fait que je savais qu'un jour, surgissant du passé.. Une âme noire viendrait m'arracher la vie comme elle l'avait fait pour ma famille maternelle. Je lui avais échappé. Je savais qu'elle savait que j'étais encore en vie. Elle attendait son heure pour me détruire. Je le savais qu'elle n'avait pas besoin d'arme pour tuer. Ses mots, sa voix... Cette noirceur.. Je lui donnais du féminin.. Mais peut-être était-elle un « il »... Je ne me souviens de rien... Ma mémoire me fait défaut. Mon père m'a empêché de découvrir ce qui devait être découvert. Pourquoi une telle haine envers ma famille ? Aujourd'hui encore je me pose la question. Cette chose a volé ma vie, mon innocence, mon père.

    Yami l'avait prévenu. Lui avait raconté son histoire. Ce vieil homme détestait les secrets. Grâce à lui je connaissais mes origines, mais je ne m'y faisais pas. Pour moi, mon père adoptif resterait mon père et non mon grand-père. Les liens familiaux étant bien trop compliqué pour que j'essaie au moins de les reconstituer. Le passé était trop loin... Des millions d'années comme un million de grains de sables s'écoulant du sablier du temps.

    Il fut un temps où je me réveillais après une longue sieste à l'ombre des palmes, où j'entendais les hurlements joyeux des enfants jouant avec les chiens et les chats. Une époque paisible non loin des rives du Nil et de ses crues. Une époque où je m'inclinais devant le naos d'Oupouaout la divinité canine qui était aussi mon protecteur. Son nom signifiait « L'ouvreur des chemins ». Une vie que je regretterais à jamais. Tout était si simple autrefois... Khémetensen était morte, rien ne pourrait la faire revenir. Le temps s'était chargé de tout. Ennemi de l'éternité et du souvenir, compagnon de la mort. Je pourrais énumérer une longue jusqu'à provoquer une envolée lyrique qui n'avait aucune raison d'être. Je m'en nourrissais. La tristesse et la mélancolie étaient des états d'âmes qui accompagnaient plus souvent que l'on croit la plume des poètes « maudits ». Cela pouvait gêner, mais si cela gêne c'est que parfois les mots viennent faire écho à notre propre vécu. Se faire souffrir... La souffrance.. J'étais peut-être masochiste au fond. La douleur du cœur pouvait maintenir les gens en vie. Je n'étais peut-être pas capable d'aimer, mais je pouvais souffrir. Même si la douleur venait du fait que je me l'infligeais moi-même sans en laisser ce bénéfice aux autres qui me sont totalement indifférents.

    Un cœur brisé, irréparable cassure. Poupée disloquée. Et pourtant beaucoup avaient vécu pire que moi. Seulement ils n'étaient pas moi, je n'étais pas eux. Je vivrais encore longtemps avec pour seule distraction, la lecture. Une soif de connaissance qui ne m'avait jamais quitté. Les humains avaient cette chance. Ils pouvaient mourir... Ils étaient fragiles, mais ils jouaient les plus forts. Si immatures... Si séduisants... Même si les atrocités qu'ils arrivaient à commettre les rendaient laids. D'une laideur sans nom qui n'avait rien de commune avec le physique. Ce type d'âme insipide me faisait frémir, c'est pour cela que je sélectionnais. J'étais trop sensible à la haine, à l'horreur. Des images dont je ne voulais même pas dans mes pires cauchemars. Des souvenirs qui ne m'appartenaient pas, n'avaient rien à faire dans ma tête. Doué d'une mémoire photographique, je n'oubliais jamais les images. Je m'en étais rendu compte à mon réveil...

    Revenant au présent, j'offre mon plus beau sourire au jeune homme et d'un geste gracieux je l'invite à s'asseoir près de moi.


    -Je vous en prie faite donc, c'est très aimable de votre part de venir égayer la journée d'une pauvre solitaire. Un peu de discussion ne me fera pas de mal.


[Gomen, c'est court... :/]

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MessageSujet: Re: ~I'm singing in the rain~ Pv with Stanley   Ven 18 Mar - 22:36

    La jeune femme que l’écrivain venait d’aborder avait levé les yeux dans sa direction suite aux mots qu’il avait prononcés. Elle ne lui répondit pas tout d’abord, semblant se perdre dans ses pensées. Un soupire lui souleva les épaules, avant qu’un voile de mélancolie et de nostalgie ne couvre un instant son regard. Finalement, il avait eu raison de l’aborder, il pourrait lui changer les idées.

    Mais en voyant ainsi ces sentiments familiers parcourir les yeux de l’inconnue, il ne put s’empêcher de se sentir proche d’elle. Plus proche que ce qu’il aurait pu imaginer. Parce que ces émotions, il les connaissait bien ; il avait eu l’occasion de les ressentir bien des fois… trop souvent à son goût. Un lourd passé, voilà ce qui les causait chez lui. En y repensant, il n’y avait pas grand-chose d’autre qui pouvait inspirer de tels sentiments chez une personne. Peut-être était-elle comme lui. Peut-être avait-elle elle aussi vécu des moments difficiles et enviait-elle les instants perdus de son enfance, époque où tout allait pour le mieux…

    Ce que Stanley avait vécu l’avait profondément marqué. Qui n’aurait pas eu de profondes blessures en ayant subit de telles épreuves ? Chaque fois qu’il y songeait, il ne pouvait s’empêcher de repenser aux doux souvenirs de son enfance, moments dont il ne se souvenait finalement que de peu de choses. Après tout, ces instants heureux n’avaient durés que les cinq premières années de sa vie. A l’âge qu’il avait quand sa situation avait commencé à se dégrader, on avait tôt fait d’oublier les moments les plus agréables et anodins… Seuls les plus marquants subsistaient. Et en ce qui le concernait, le plus mémorable était surtout le plus horrible. A savoir tout ce qui l’avait peu à peu conduit jusqu’à la perte de tous ses biens et des êtres les plus chers à son cœur, et surtout, jusqu’à sa déchéance.
    Mais il avait réussi contre toute attente à se remettre d’aplomb grâce à sa volonté propre, et surtout à éloigner le monstre qui sommeillait en lui. Tout ceci n’était dû qu’à un seul miracle : la découverte de son goût pour l’écriture. Désormais, il restait accroché à cette petite lueur d’espoir qui le maintenait en équilibre sur le fil de la raison et l’empêchait de sombrer dans les méandres les plus obscurs de son âme.
    Et il avait pris goût à cet art qui était accessible à tous mais n’était pas fructifiant pour tout un chacun. Il commençait même à réussir dans cette discipline, à sa grande surprise, mais surtout, à son plus grand bonheur. Qu’y avait-il de mieux à savoir ses textes, qui sortaient tout droit de sa plume, lus et appréciés par les lecteurs ? Cette perspective le réjouissait beaucoup, même si sa réussite n’était que relative, comparée à ceux qui perçaient vraiment dans ce domaine et étaient plus que célèbres auprès de la population. Mais l’écrivain s’en souciait peu. Il y avait un début à tout, et lui-même semblait être au commencement d’une longue route dans le métier d’écrivain. Celle-ci serait-elle ascendante ou était-il destiné à stagner avant d’entamer une chute et de disparaître, méconnu de tous ? Il ne perdait rien à essayer et ne pourrait qu’être agréablement surpris de l’endroit où le conduirait ce chemin sinueux qu’était son avenir en tant qu’auteur anglais.

    Il fut ramené à la réalité par la voix douce de la jeune femme. Cette dernière répondit positivement à sa proposition, l’invitant à prendre place à côté d’elle d’un geste gracieux. Le fin manteau qui avait assombri ses yeux peu avant avait laissé place à un adorable sourire. Stanley ne put qu’y répondre en élargissant son propre sourire et en suivant son invitation. Il s’assit alors tranquillement au bar, prenant le temps de déposer sa tasse sur le comptoir et d’accrocher son sac à la chaise, avant de se tourner vers elle, conservant son air avenant.
    Après un bref moment de silence qu’il passa à l’observer, il finit par entamer la conversation.


    « Eh bien, permettez-moi de me présenter avant toute chose… Mon nom est Stanley Wretsky. »

    En parfait gentleman, le jeune homme tendit la main dans sa direction en vue de lui prendre délicatement la sienne et de lui faire un baisemain.
    Pendant qu’il s’effectuait, il continua, ne perdant pas un seul instant son sourire aimable.


    « Et à qui ai-je l’honneur, ravissante demoiselle ? »

    Comme les hommes de son époque en avaient coutume, il s’inclina en guise de salut et feignit de déposer ses lèvres sur la peau pâle du dos de la main de la belle inconnue. Puis il se redressa, posant à nouveau ses yeux sur elle, attendant de connaître son nom.



[Désolée, mon post n'est pas tellement plus long et la fin est un peu rapide, mais je ne savais pas quoi ajouter... Et j'avais vraiment pas d'idée de sujet de conversation à lancer x-x Mais voilà ^^"]
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MessageSujet: Re: ~I'm singing in the rain~ Pv with Stanley   Mer 1 Juin - 23:11

    Le jeune homme sembla être content que je daigne d'accéder à sa requête. Il s'installa près de moi, un large sourire aux lèvres. De près, il avait tout les atouts qui pouvaient faire frémir et rêver une demoiselle. Il me contempla quelques minutes, tentant de déchiffrer sans doute mes pensées. Je le regardais en retour sans baisser les yeux. Je savais que les hommes aimaient généralement les femmes qui faisaient preuve de timidité, car en soi, je dois l'admettre, c'est mignon. Mais, avec toutes les aventures que j'avais accumulées au fil du temps, je me sentais plutôt comme une femme mûre, que rien ne semblait pouvoir ébranler. Enfin du moins, c'est le cas en expérience amoureuse. Enfin, être étonné ne me déplait pas non plus. Les imprévus, quoi de meilleur pour pimenter une vie? Une vie trop longue et même menacée par une ombre. Les shinigamis pouvaient mourir... C'était un peu paradoxal.. Mourir alors que nous sommes les serviteurs de la Mort.

    Le jeune homme mit fin au silence en prenant ma main et en effleurant la paume de ses lèvres. Il se présenta sous le nom de Stanley Wretsky. Un nom qui ne me disait rien. Il n'était heureusement pas dans ma liste quand je l'avais consulté, il y a de cela un quart d'heure. J'appréciais son geste de galanterie. Les hommes comme lui étaient rares de nos jours. Il semble s'intéresser à moi, et je dois dire que cela ne me déplait pas, le moins du monde. Ses longues mains fines et ses doigts musclés montrent une discipline assidue à l'écriture. J'avais trouvé mon oiseau rare. Maintenant, je devais voir ce qu'il écrivait. Voyons voir, j'étais prête à accepter n'importe quoi. Poète, romancier,

    compositeur... Ma respiration s'accéléra sans qu'elle ne fasse le moindre bruit ou qu'elle ne s'affiche pas sur mon visage. Un désir violent me taraudait. Je voulais lire. Un besoin urgent de me nourrir de mots, de les apprécier tel un sommelier et le vin. Je voulais sentir ce nouvel univers, le visualiser pour qu'il m'imprègne totalement. Je voulais être les yeux du narrateur. C'est comme cela que je voyageais... Par la pensée. Cela n'avait rien avoir avec le voyage physique. L'imagination avait la faculté de gommer le réel et de le faire paraître plus beau ou plus laid. Les écrivains me communiquaient leur vision du monde, sans réellement s'en rendre compte. Tellement nourrissant et enrichissant. Les écrivains étaient des bâtisseurs de monde. Leurs œuvres pouvaient tout aussi bien faire flamber le monde, demeurer éternellement, sombrer dans l'oubli ou encore renaître de leurs cendres. L'écrit est presque immortel. Les paroles s'envolent, les écrits restent. Pourtant les conteurs connaissaient l'art de créer des mondes. Ils étaient et ils sont toujours des guides qui instruisent le voyageur. Je me souvenais d'une histoire qui m'avait marqué quand j'étais enfant. L'histoire du prince au trois destins. Les sept Hathor s'étaient penchées sur son berceau et lui avait prédit un avenir funeste. Il mourrait soit de la morsure d'un serpent, d'un crocodile ou bien d'un chien. Ayant appris ces paroles, le pharaon fit en sorte de protéger son fils. Malheureusement, il ne put lui retirer le chien que le Petit Prince avait adopté. Un jour, lorsqu'il fut adulte, il demanda à son père de pouvoir quitter la maison. Le voyage qu'il entreprit le mena vers la fenêtre d'une jeune demoiselle que son père avait promis de marier au prétendant qui parviendrait à l'atteindre du haut de sa « tour » . Il réussit l'épreuve et se maria avec elle. La demoiselle ignorait tout des origines, mais qui était au courant de la malédiction de son époux, le protégea de l'attaque du serpent. Pour le chien, elle ne put rien y faire. Son mari y était toujours attaché. Un jour, le chien finit par attaquer son maître. Pour lui échapper, le prince sauta dans le fleuve où il rencontra le troisième animal. Le crocodile. Tous deux conclure un pacte. Le jeune homme devait aider le crocodile à se débarrasser de l'esprit et en échange, il lui laisserait la vie sauve. Mes souvenirs de cette histoire s'arrêtent ici curieusement. Je suis incapable de me souvenir de ce qui arriva à ce prince, toujours est-il que l'on peut inventer la suite. Nous pouvons tout aussi bien dire que le prince échoua et ne put lutter contre son destin, ou bien, il fit le contraire.

    Je souris de nouveau à mon interlocuteur.


    - Je m'appelle Jane Marple, ravie de faire votre connaissance.

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